Réforme électorale : "Nul ne doit être laissé au bord de la route"
Le Premier ministre Navin Ramgoolam a entamé, dimanche, à l'occasion de la célébration de la naissance du prophète Muhammad au collège Aleemiah, à Phoenix, sa campagne d'explication auprès de la communauté musulmane sur la nécessité de la réforme électorale.
• “Il faut considérer la réforme comme étant la charte de Médine”
Le Premier ministre a donné la garantie que tout changement se fera par consultations et non par imposition. "Ensemble, on va discuter pour trouver une solution dans l'intérêt du pays. Ce sera toutefois malheureux si on n’arrive pas à trouver un consensus", a-t-il dit.
Navin Ramgoolam a ensuite énuméré les failles du système actuel qu'il souhaite pouvoir corriger à travers la réforme. "L'écart entre le nombre de sièges et le pourcentage de vote est trop élevé. Il n'est pas possible que 45 à 48 % de voix obtenus par un parti politique ne soient pas reflété tel quel à l'Assemblée nationale. Ainsi, nous voulons corriger cette injustice en introduisant un meilleur système visant à protéger l'intérêt de tout un chacun", a-t-il déclaré.
“Il faut considérer la réforme comme étant la charte de Médine”
Le Premier ministre qui intervenait au collège Aleemiah, à l'occasion de la célébration de la naissance du prophète Muhammad, a effectué un retour dans le passé pour démontrer le préjudice causé par le système électoral en place. "En 1976, imaginez-vous, qu'un leader au calibre de sir Abdool Razack Mohamed n'a pu intégrer le Parlement. Sir Seewoosagur Ramgoolam en 1982 et mon ami Paul Bérenger en 1987 ont connu le même sort, sans oublier un certain Jules Koenig. Toutefois, avec le système que propose Rama Sithanen, sir Abdool Razack Mohamed aurait intégré l'Assemblée nationale en 1976", a-t-il dit.
Le chef du gouvernement a ensuite exhorté l'assistance à faire preuve d'intelligence et à ne pas se laisser avoir par certaines personnes qui tentent de semer la zizanie. "Notre diversité, c'est notre richesse. Il ne faudrait, dans aucun cas, que cette diversité soit une source de division. Il nous faudrait, au contraire, rester unis et solidaires. Ce malgré les tractations de part et d'autre".
Navin Ramgoolam a tenu à rappeler à la communauté musulmane qu'il existe un troisième document important, outre Le Coran et le Suma. "Il y en a un document clé, qui est la constitution de Médine. Ce texte a aidé à garantir le droit des minorités. Donc, il faut considérer la réforme comme étant la charte de Médine".
Le PM a profité de cet événement pour donner indirectement la réplique à ses détracteurs. Cela, alors que le leader de l'opposition Paul Bérenger était présent sur cette même plate-forme. Navin Ramgoolam a retracé le parcours du prophète Muhammad qui, dit-il, a dû faire face à l'adversité et à des campagnes de dénigrement avant de pouvoir transmettre le message du dieu. "Le prophète Muhammad est né en Arabie saoudite à l'époque où le pays faisait face à de gros problèmes. Il a, dès son jeune âge, perdu ses parents et ses grands-parents. N'empêche qu'il a su rester sur le bon chemin en faisant de la résistance à ce qu'on appelle le "peer pressure". Patient, il a finalement pu inculquer à son peuple le message du dieu".
Le PM a mis l'accent sur les difficultés auxquelles le prophète Muhammad a dû faire face en essayant de faire passer le message du dieu et de changer la mentalité des gens. "Il faut se poser la question: Pourquoi certaines personnes ont-elles essayé de lui mettre les bâtons dans les roues alors que le prophète Muhammad prêché l'unité ? La raison est simple. Ses détracteurs ne pouvaient accepter le fait qu'ils n'auront plus une mainmise sur le pouvoir. C'est toujours la même chose à chaque fois que quelqu'un veut mettre de l'ordre pour changer radicalement une société".
Navin Ramgoolam a rappelé que le prophète Muhammad n'a jamais cédé aux pressions. "Il est resté fidèle à lui-même et à ses convictions", a-t-il soutenu. En bon philosophe, Navin Ramgoolam a demandé aux Mauriciens d'utiliser leur intelligence pour distinguer entre le bien et le mal. "On vit dans un monde saturé d'informations. Mais la vraie connaissance, les convictions et la sagesse deviennent de plus en plus rares".
Voilà un ignorant
Alors que le Premier ministre évoquait l'importance de la réforme électorale, Salim Murthy, travailleur social connu pour sa proximité avec un ancien politicien, s’est mis debout au beau milieu de la foule pour manifester ouvertement son mécontentement quant aux propos tenus par Navin Ramgoolam. Il a toutefois été vite rappelé à l'ordre par d'autres personnes présentes dans l’assistance. Le chef du gouvernement a, de son côté, continué son discours, faisant ressortir qu’il s'attendait à une telle réaction car certaines personnes, allèguent-ils, auraient été manipulées pour réagir ainsi. "Voilà un ignorant", a-t-il lâché. Pour Salim Murthy, le PM n'aurait pas dû mélanger religion et politique.
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