PNQ - Ramgoolam : “Il faut un consensus sur la réforme”
“Le State Law Office n’a pas encore travaillé sur l’ébauche du projet de loi sur la réforme électorale. Le Mouvement militant mauricien (MMM) est venu avec des propositions mais on doit trouver la bonne solution. On a encore un long chemin à parcourir avant les prochaines élections générales. On doit avoir un système moderne qui favorise la stabilité, l’équité, le genre, la transparence et la responsabilité. Je ne me sers pas du système électoral pour duper le MMM comme ont dit certains politiciens lors d’un meeting à Plaine-Verte.” C’est ce qu’a déclaré le Premier ministre Navin Ramgoolam en réponse à la PNQ du leader de l’opposition Paul Bérenger, mardi, à la reprise des travaux parlementaires.
• Ambiance : vifs échanges sur la réforme électorale
Navin Ramgoolam a aussi commenté la plainte que les membres de “Rezistans ek Alternativ” avaient déposée au Comité des droits de l’homme en 2007 dans laquelle ils avaient soutenu qu’ils sont victimes d’une violation par l’Etat mauricien des articles 18, 25 et 26 de l’International Covenant on Civil and Political Rights.
“La plainte soutenait que le règlement 12(5) des National Assembly Elections Regulations 1968 constituait une violation dans la mesure où il annule la nomination d’un candidat qui ne déclare pas à quelle communauté il appartient. Ce règlement serait prétendument contraire à l’article 25 de l’International Covenant on Civil and Political Rights. Il a également affirmé que le règlement 12(5) des National Assembly Elections Regulations 1968 et le paragraphe 3(1) du First Schedule de la Constitution viole l’article 25 de cette convention. Car ils créent des restrictions objectivement déraisonnables et injustifiables quant à leur droit de se porter candidat et d’être élus aux élections générales pour siéger à l’Assemblée nationale”, a-t-il dit.
Navin Ramgoolam a aussi affirmé que le recensement de 1972 n’a pas fait l’objet de la plainte déposée devant le Comité des droits de l’homme des Nations unies par des membres de “Rezistans ek Alternativ”. “Il n’a donc pas été jugé nécessaire de fournir au Comité les raisons pour lesquelles l’appartenance communautaire n’a pas fait l’objet d’un recensement depuis 1972.
D’autant plus que même si la Constitution prévoit toujours l’“appropriate community” à être déterminée par référence à la dernière publication du recensement officiel, comme il est dans notre Constitution, les plaignants auraient encore dû faire une déclaration concernant la communauté et auraient fait valoir que Maurice a agi en violation de la Convention. Je dois attirer l’attention de la Chambre sur le fait que le Comité des droits de l’homme lui-même a demandé à Maurice de l’informer de toutes les mesures prises par rapport à ses conclusions dans un délai de 180 jours suivant l’énoncé de sa déclaration. Il est donc prématuré pour Maurice d’envoyer des informations au comité sur les mesures prises. Nous allons certainement, en vue d’honorer nos engagements internationaux, fournir des informations sur les mesures prises dans le délai de 180 jours”, a dit le Premier ministre.
Paul Bérenger: Peut-on savoir qui avait représenté le gouvernement dans cette affaire ?
Navin Ramgoolam : C’est le State Law Office qui avait soumis tous les documents.
Paul Bérenger : N’était-il pas du devoir des avocats du parquet d’appeler des témoins pour justifier la démarche du gouvernement ?
Navin Ramgoolam : Aux Nations unies, on n’a pas le droit d’appeler des témoins mais de soumettre des documents seulement. Sans la mise à jour du recensement on ne peut rien faire pour le Best Loser System.
Paul Bérenger : Est-ce que le gouvernement a bien fait son travail ?
Navin Ramgoolam : Les avocats ont fait ce qu’il fallait.
Paul Bérenger : Le comité des Nations unies nous a conseillé de faire une mise à jour du recensement de 1972. Est-ce qu’on va encore faire un recensement communal ?
Navin Ramgoolam : On ne peut pas reculer dans l’histoire.
Le Premier ministre a alors souligné qu’il faut avoir un consensus des deux côtés de la chambre afin d’avoir une bonne réforme électorale. C’est sûr qu’on n’aura pas un consensus total mais on doit aller de l’avant, a-t-il dit.
Le PM a aussi souligné qu’il y a encore un long chemin à parcourir avant les prochaines élections générales. “On doit trouver un système moderne qui favorise la stabilité, l’équité, le genre, la transparence et la responsabilité”, a soutenu le chef du gouvernement.
Paul Bérenger : Est-ce que le SLO a travaillé sur une ébauche du projet de loi sur la réforme électorale ?
Navin Ramgoolam : Non. Il faut d’abord avoir un consensus avant qu’on ne commence à travailler sur l’ébauche du projet de loi.
Ambiance : vifs échanges sur la réforme électorale
Le ton est monté d’un cran au Parlement, mardi, lorsque le député de l’opposition Joe Lesjongard a voulu savoir quand le Premier ministre allait présenter un projet de loi sur la réforme électorale. Un Navin Ramgoolam très remonté s’est levé pour lancer à l’adresse du député: “You were in government during five years and why didn’t you come up with something?” A cet instant des membres du gouvernement devaient faire ressortir “li ti président MSM sa lepok là”.
Le Speaker Abdool Razack Peeroo a dû intervenir à plusieurs reprises pour demander aux parlementaires de ne pas faire de déclarations mais de poser des questions lors de la tranche consacrée à la Private Notice Question.
Quelques minutes auparavant lorsque le Premier ministre a fait son entrée dans l’hémicycle, il a salué d’un signe de tête ceux présents.
Avant le Prime Minister’s Question Time, Paul Bérenger a taquiné la députée travailliste Nita Deerpalsing en lui disant “Tonn sanz to bataz”. Navin Ramgoolam a, lui, lancé une pique à l’encontre du MSM en disant que quand il parle avec le MMM sur la réforme électorale, il n’est pas en train de “couyonner” ce parti comme l’a dit le MSM lors d’un récent meeting à Plaine-Verte.
A l’heure des questions adressées aux ministres, la députée du MSM Maya Hanoomanjee s’est dit entièrement d’accord avec le ministre Tassarajen Pillay Chedumbrum sur l’Internet Protocol Version. Saisissant la balle au bond, le secrétaire parlementaire privé Patrick Assirvaden a lancé “vinn kot nu Maya”. Et le ministre Cader Sayed-Hossen d’ajouter : “Vinn asiz kot nu Maya. Ena place”
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