L’élevage : une activité en pleine croissance
Ils sont de plus en plus nombreux à se lancer soit dans l’élevage d’animaux soit dans l’agriculture maraîchère. Cet engouement fait suite à la mise à la disposition de ressources financières pour ces activités. Pourtant, le métier d’éleveur n’est pas un métier de tout repos puisqu’il suppose un dur labeur, de nombreux sacrifices et surtout de la passion pour les animaux. Notre journal a rencontré un de ces éleveurs à Chemin-Grenier.
Alvin Babooram possède deux arpents de terre dans la localité où lui et son père Rishi élèvent des cabris, des boucs et des moutons. Ils ont également des cultures de légumes et de bananes. Outre leur propre consommation personnelle, ces fruits et légumes sont vendus dans la boutique familiale se trouvant dans le village. Ce petit bout de terrain situé dans le fin fond de Chemin-Grenier, loin des habitations, est aménagé pour l’élevage. Les animaux ont leur bergerie construite en béton et ils gambadent dans un enclos clôturé par du fil métallique. Ils peuvent gambader librement et brouter paisiblement.
Alvin Babooram, qui est enseignant en Business Studies au collège Keats, nous confie que c’est surtout son père Rishi Babooram, 61 ans, qui a lancé ce petit business, il y a sept ans. Cette activité, qui a été tout d’abord comme un passe-temps pour le patriarche, avec une cinquantaine de têtes de bétail, s’est transformée au fil des ans, en une véritable petite entreprise familiale.
Rishi Babooram, qui était auparavant officier de police à l’aéroport, a pris sa retraite anticipée (early retirement). Il a eu depuis son enfance cette passion pour les animaux. Ces parents d’origine modeste élevaient eux-mêmes des animaux pour gagner leur vie.
Pour les aider, Rishi allait couper de l’herbe pour nourrir les animaux. Ce travail était harassant. En effet, il devait aller loin pour effectuer cette tâche. Mais, maintenant, Rishi ne peut rester un jour sans voir son bétail. Il peut rester, d’ailleurs, des journées entières avec ses animaux.
C’est son fils, qui a le sens des affaires, qui a pris l’initiative de transformer ce passe-temps en business lucratif. Pour cela, il s’est rendu à Rodrigues pour acheter des animaux afin d’accroître sa production. Soulignons qu’il se rend sur l’île, ordinairement vers la fin de l’année au moment où la demande pour ces animaux est tout particulièrement élevée pour la période de fête. Nos compatriotes de foi hindoue sont particulièrement friands de la chair de bouc, en particulier le 2 janvier.
Par ailleurs, Alvin Babooram explique qu’au tout début, comme toute nouvelle entreprise, ils ont connu des difficultés à se lancer. Ces problèmes étaient surtout au niveau du marketing. Mais avec patience et détermination, ils ont pu se frayer un chemin. Ce business a su constituer un réseau de clients fidèles grâce au bouche à oreille. Clients qui sont considérés comme rois. Nombreuses sont les personnes qui viennent acheter cabris, boucs et autres moutons pour leur consommation personnelle. Un mouton se vend entre Rs 5 000 et Rs 8 000 dépendant de l’âge et du poids de l’animal. Pour un cabri, la somme se situe entre Rs 4 000 et Rs 5 000.
Si Alvin Babooram affirme vendre la viande de bouc à Rs 190 le kilo, il s’insurge contre le fait que cette viande est vendue au marché à Rs 125 le kilo. Pour expliquer cette différence de prix, il déplore que certains marchands ont l’habitude de mélanger cette viande avec d’autres, attitude qu’il juge inacceptable et déplorable surtout concernant la qualité.
En effet, s’agissant de l’élevage il est nécessaire de respecter scrupuleusement différents critères et normes. Alvin Babooram nous explique que premièrement il doit obtenir un permis du ministère de l’Agro-industrie. Deuxièmement, l’enclos où sont parqués les animaux doit être situé loin des habitations à cause des odeurs qui pourraient s’avérer nuisantes.
Lors de notre visite, nous avons pu constater que ces animaux vivent en plein air avec de herbes à profusion ainsi que de la canne à sucre.
Ce travail professionel de la famille Babooram attire la convoitise de voleurs qui leur dérobent des animaux.
Malgré cela, les Babooram ont plusieurs projets novateurs. Et outre accroître le nombre de têtes de bétail, ils envisagent de se tourner vers d’autres élevages comme celui des canards.
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