Jordanie et Yémen, les autres poudrières
Alors que la "marche du million" a été un succès en Egypte, la situation s'est tendue en Jordanie ainsi qu'au Yémen. A Amman, le roi Abdallah II a limogé mardi son Premier ministre pour tenter de calmer la rue, tandis qu'à Sanaa, le pouvoir craint la nouvelle "Journée de la colère", prévue jeudi.
De nombreux experts ne croyaient pas à une traînée de poudre après la chute du président tunisien Ben Ali. Mais devant la détermination des Egyptiens, la contestation monte désormais dans d'autres pays arabes. Les tensions se sont particulièrement crispées dans deux d'entre eux: la Jordanie et le Yémen.L'enjeu palestinien en Jordanie
Comme en Egypte, la rue réclame le départ du roi Abdallah II de Jordanie. Comme en Egypte, la précarité sociale de la population et la fragilité économique du pays sont à l'origine de la mobilisation. Et comme en Egypte, le pouvoir a tenté de passer par un remaniement ministériel pour calmer les manifestants. Abdallah II a en effet limogé mardi son Premier ministre, mais la puissante opposition islamiste a immédiatement critiqué ce choix et promis de nouvelles manifestations.
Les exemples égyptiens et tunisiens sont dans toutes les têtes. Mais la comparaison reste limitée. Une différence de taille différencie la situation à Amman: les Frères musulmans jordaniens sont mobilisés depuis le début de la contestation contre le régime monarchique – contrairement à la branche égyptienne du mouvement islamiste panarabe. Et ils ont plus de poids qu'au Caire, car ils représentent politiquement les deux tiers de la population: les Palestiniens. "En Jordanie, l'impasse du processus de paix cristallise les tensions", explique au JDD.fr Denis Bauchard, ex-directeur du département Afrique du Nord et Moyen-Orient au quai d’Orsay. Pour ce dernier, également chercheur à l’Ifri (**), "la population palestinienne reproche à la dynastie hachémite d'avoir signé la paix avec Israël de façon prématurée".
Dans la rue, cette contestation se traduit par des manifestations à répétition, organisées par les opposants islamistes et de gauche, unis dans leur combat – encore une différence par rapport à l'Egypte. Et le remplacement, au poste de Premier ministre, de Samir Rifaï par Maarouf Bakhit n'a pas convaincu. Le Front de l'Action Islamique (FAI), principal parti d'opposition, a estimé que Maarouf Bakhit n'est "pas un réformateur" car il a déjà été en poste en 2005-2007. "Il semble que le train des réformes n'est pas encore en marche", a lâché à l'AFP le secrétaire général du FAI, Hamzeh Mansour, assurant que les manifestations allaient se poursuivre puisque "les raisons de ces manifestations [étaient] toujours valables".
Le pouvoir yéménite tente le tout pour le tout
Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, confronté à des protestations populaires, va réunir mercredi la Chambre de députés et le Conseil consultatif, à la veille d'une manifestation de l'opposition qui a jugé "tardif" l'appel au dialogue du parti au pouvoir. Cette réunion extraordinaire intervient alors que le chef de l'Etat a multiplié les mesures sociales et économiques, dont une augmentation des salaires, face à la montée de la grogne populaire dans ce pays de 24 millions d'habitants. La création d'un fonds pour l'emploi des diplômés de l'université et l'extension de la couverture sociale à un demi-million de personnes ainsi qu'une réduction de l'impôt sur le revenu figurent parmi les mesures décidées le week-end dernier.
Mais l'opposition est toujours sceptique. Les manifestations ont débuté après quatre tentatives d'immolation par le feu dont un cas mortel, le 20 janvier. Comme en Jordanie, les opposants au parti au pouvoir, présents au Parlement, se sont constitués en un "Front commun". Leur chef, Mohamed al-Moutawakel, a assuré mardi à la presse qu'il "n'y aura pas de dialogue sans l'annulation des mesures prises unilatéralement par le parti au pouvoir". Une référence à une révision constitutionnelle susceptible d'ouvrir la voie à une élection à vie du président Saleh, au pouvoir depuis 1978.
"Au Yémen, les manifestations en faveur de la démocratie s'ajoutent à une situation intérieure déjà difficile pour le président Saleh", explique Denis Bauchard, avant de développer: "Le pouvoir doit faire face à la conjonction de révoltes tribales dans le Nord, du mouvement sécessionniste du Sud et de la présence d'Al Qaïda. " Inspirée par la "marche du million" qui a eu lieu mardi en Egypte, l'opposition a appelé à une nouvelle "Journée de la colère" jeudi. Une journée qui devrait déterminer l'avenir du pays.
(**) Institut français des relations internationales.
Source: Le JDD
Found a typo in the article? Vous avez trouvé une faute de frappe dans l’article? Click here.
More in International
Londres : un soldat massacré en pleine rue
Deux hommes ont tué à l'arme blanche un soldat britannique mercredi à Woolwich, un quartier du sud-est de Londres. Les deux hommes ont affirmé aux témoins de la scène agir "au nom d'Allah", avant d'être blessés par la police et arrêtés. Ils ont été admis dans deux hôpitaux londoniens distincts. Rien n'a été dit sur leur identité, mais, de source proche du l'enquête, on indique que les autorités s'intéressent à une éventuelle piste nigériane....
La Corée du Nord procède au tir de trois missiles
La Corée du Nord a procédé au tir de trois missiles à courte portée samedi depuis sa côte orientale, selon le ministère sud-coréen de la Défense....
Syrie : la vidéo de l'éviscération d'un soldat suscite l'effroi
Sur ces images difficiles à authentifier, un rebelle mutile la dépouille d'un soldat et dit agir ainsi pour se «venger» du régime de Bachar al-Assad. La rébellion promet de punir le coupable....
Série de scandales à la Maison-Blanche
L'administration Obama est empêtrée dans une série d'affaires très embarrassantes. Ces affaires pourraient bien plomber ce début de second mandat....
Bangladesh : nouveau drame dans la confection, huit morts
Huit personnes ont trouvé la mort dans l'incendie d'un site de confection situé dans une zone industrielle de Dacca, la capitale du Bangladesh, a-t-on appris jeudi d'une fédération professionnelle....
Etats-Unis : trois femmes retrouvées dans une maison 10 ans après leur disparition
Les trois jeunes femmes avaient disparu il y a une dizaine d'années, dont deux alors qu'elles étaient adolescentes. Elles ont été retrouvées en vie dans une maison de Cleveland (centre est des Etats-Unis)....
Chagos : un projet d’écotourisme proposé
Henry Bellingham, ancien ministre britannique de l’Afrique et actuellement membre du All-Party Parliamentary Group (APPG), est le dernier politicien britannique en date à avoir publiquement pris position en faveur d’un retour des Chagossiens sur leur terre natale....
Migration circulaire : l’accord Maurice-France au point mort
Les Mauriciens qui espéraient trouver de l’emploi en France sous le programme de migration circulaire devront prendre leur mal en patience en raison de la crise financière qui touche de plein fouet le marché de l’emploi en Europe. En effet, selon les chiffres officiels publiés la semaine dernière, la France compte 3,22 millions de chômeurs, un nombre supérieur à son chiffre record de 1997 lorsqu’elle comptait 3,20 millions chômeurs....
Les Suédois vont-ils pouvoir continuer d'uriner debout ?
Un député a proposé de changer la position des hommes lorsqu'ils vont aux toilettes. Cette idée a du mal à faire son chemin....
Princess Margaret's 'simple' tastes
Princess Margaret was one of the most glamorous figures on the world stage in the 1950s, but documents have released she had some modest tastes when it came to food and drink. Ahead of a visit to Mauritius, the island's governor was told that she preferred "simple" meals, was "not fond of either caviar or oysters", and would rather drink wine than champagne. But that did not mean planning Margaret's tour of the island in 1956 was straightforward....
Obama, la folle rumeur
Le compte Twitter de l'agence AP a été piraté. Les faux messages publiés à son insu ont semé un vent de panique aux Etats-Unis....
Viol d'une fillette de 5 ans en Inde : un deuxième suspect arrêté
Un deuxième suspect a été arrêté dans l'affaire de l'enlèvement et du viol d'une fillette à New Delhi. Comme le principal suspect, l'homme a été interpellé dans l'état du Bihar, où il se cachait....
Chagos : les documents de Wikileaks jugés irrecevables
La Haute Cour de Londres a tranché : le Groupe Réfugiés Chagos (GRC) ne pourra pas utiliser les correspondances diplomatiques anglo-américaines révélées par Wikileaks portant sur la création d’une Marine Protected Area autour de l’archipel des Chagos. Cela dans le cadre du procès instruit par Olivier Bancoult, président du GRC, contestant la légalité de la réserve marine la plus étendue du monde....
Canada : un projet d'"attentat majeur" lié à Al-Qaïda déjoué par la police
Les suspects “recevaient du soutien d'éléments d'Al-Qaïda se trouvant en Iran, en particulier des ordres et des conseils” selon la police canadienne....
Boston : le suspect commence à répondre aux enquêteurs
Le suspect encore en vie de l'attentat de Boston est réveillé et répond aux questions des enquêteurs par écrit, ont rapporté plusieurs médias américains dimanche 21 avril. Dzhokhar Tsarnaev, arrêté puis hospitalisé à l'issue d'une chasse à l'homme de 22 heures, est soupçonné d'être l'auteur, avec son frère aîné, décédé lors d'une fusillade avec la police, des deux attentats à la bombe du marathon de Boston le 15 avril qui ont tué trois personnes et blessé 180 autres....
Il survit à l'attentat de Boston... et à l'explosion de Waco
Joe Berti a couru le marathon de Boston. Ensuite, il était par hasard aux environs de Waco quand l'usine d'engrais a explosé......
Le Matinal E-Paper
The keywords below represent the current searches people are performing on major search engines like Google/Yahoo, and eventually landing on our website. Click to refresh.






1492 views






You've just unlocked our easter egg. That earns you the right (and privilege) to meet the designer of this website. 

