Coopératives : un outil de valorisation et d’autonomisation pour les femmes
Le modèle coopératif est une forme d’entreprise qui prend de l’ampleur parmi les femmes. Les structures et les avantages qu’offrent les coopératives sont un facteur motivant qui encourage des femmes à vouloir prendre leur destin en main alors qu’elles auraient hésité à se lancer dans un petit business toutes seules.
En effet, les choses ont évolué depuis que la première coopérative des femmes, la Jagriti Women’s Handicraft Cooperative cum Production Society Ltd, fut implantée en 1974 à Quatre-Bornes. La société regroupait une vingtaine de membres qui s’adonnaient principalement à la couture et à des travaux de ‘tie and dye’ et de batik. Aujourd’hui, il existe 142 coopératives féminines à Maurice. Elles sont engagées dans diverses activités, notamment la fabrication de produits d’artisanat et d’objets de décoration intérieure, l’apiculture, le textile, l’alimentaires et la plantation.
Le secteur coopératif est régi par la Cooperatives Act de 2005, comme subséquemment amendé. Un minimum de cinq membres est requis pour former une coopérative avec un capital social (share capital) minimal de Rs 5 000. La demande d’enregistrement doit être faite auprès du Registrar of Cooperatives au Head Office du ministère de tutelle.
Michael Sik Yuen : “Il est impérieux de diversifier et d’innover”
Le gouvernement reconnaît l’importance du secteur coopératif des femmes et œuvre à créer un meilleur environnement de soutien pour le développement des coopératives, affirme le ministre de l’Activité économique, de l’entreprise, des Coopératives et de la protection des consommateurs, M. Michael Sik Yuen. Cependant, précise-t-il, pour réussir, le secteur des coopératives, surtout du côté des femmes, doit faire preuve de rigueur et de ‘Nous évoluons dans un environnement de compétition. Pour passer la rampe, les produits doivent être de qualité. Il ne faut pas se contenter du bas de gamme. Il faut être créatif, diversifier et proposer des produits innovants à des prix compétitifs, avec un plan de marketing bien établi. Ces éléments doivent être complétés par une bonne gestion’, fait-il ressortir Tout cela requiert de la formation, poursuit le ministre, et le gouvernement a mis en place plusieurs mesures en ce sens. Ces supports financier, fiscal et politique englobent la formation des femmes dans l’entrepreneuriat coopératif, l’organisation des foires pour que les femmes puissent écouler leurs produits, l’assistance aux coopératives des femmes pour qu’elles puissent bénéficier d’aide financière auprès des organismes de financement et l’expertise technique pour la mise en œuvre des plans et des projets.
Selon Michael Sik Yuen son ministère met beaucoup d’accent sur la formation, l’emballage des produits, la commercialisation et la vente. ‘Nous poussons les femmes vers de nouvelles lignes de produits tels que l’apiculture et d’autres produits que nous importons. Une attention spéciale est aussi accordée à des formations appropriées et au marketing des produits. Le but est de permettre à ces femmes de commercialiser leurs produits à l’extérieur dans quatre à cinq ans’, précise le ministre.
Organisation de foires
Pour faciliter le marketing des produits des entreprises coopératives, le ministère du Business, des Entreprises, des Coopératives et de la Protection des Consommateurs organise régulièrement des foires à travers le pays. Chaque mois, des foires ont lieu à Vacoas, Rivière-du-Rempart, Rose Hill, Pamplemousses, Plaisance, Quatre Bornes et Triolet et Rose Belle. L’objectif est d’accroître la visibilité des sociétés coopératives et de sensibiliser le public au rôle du mouvement coopératif à Maurice ainsi qu’à sa contribution dans le développement socio-économique. Les foires agissent non seulement comme un espace de communication, de coopération et de solidarité entre les femmes membres des coopératives mais aussi comme espace de réflexion collective en vue de renforcer la qualité des produits coopératifs, chercher des alternatives et de nouveaux horizons pour commercialiser des produits.
Cours de formation
De plus, plusieurs cours de formation sont offerts par le National Institute for Cooperative Entrepreneurship (NICE) sous l’égide du ministère de tutelle. Sous l’Entrepreneurship Development Programme, des femmes voulant mettre sur pied une coopérative peuvent bénéficier de cours axés sur la gestion et la planification de la création d’une entreprise, le marketing et la comptabilité, entre autres.
Par ailleurs, des cours taillés sur mesure sont organisés en collaboration avec l’Agricultural and Research Extension Unit, le Small Medium Enterprises Development Authority et le ministère de l’Egalité des Genres, du Développement de l’Enfant et du Bien-être de la Famille.
Ces cours ont trait à la fabrication des rideaux, l’apiculture, l’agro-processing et la cuisine, entre autres. Les femmes peuvent aussi bénéficier de cours tels que la conduite automobile (théorie), la communication et le leadership dans le but de s’autonomiser davantage.
Plans d’appui
Le ministère offre plusieurs plans d’appui aux coopératives en termes d’exemption fiscale, de support technique et de services d’audit gratuits.
En effet, une société coopérative bénéficie d’exemption de frais d’enregistrement, de transcription, d’inscription et de droit de timbre (stampduty) sur les instruments.
Les sociétés dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas les Rs 10 millions sont éligibles à des services d’audit gratuits.
Dans le souci de mieux promouvoir les intérêts économiques des coopératives des femmes, la Mauritius Women Entrepreneurs Cooperative Federation fut créée en 2007. La Fédération, qui regroupe toutes les membres des sociétés coopératives féminines, s’est fixée plusieurs objectifs afin de soutenir le développement et la croissance des coopératives féminines.
La promotion de la culture de l’entrepreneuriat parmi les femmes, la mise sur pied des programmes de formation, l’implémentation des projets pour le développement des femmes, l’assistance aux femmes pour les aider à mettre sur pied des sociétés coopératives et créer des réseaux avec les organisations des femmes sur les plan local et international sont autant de facilités offertes par la Fédération à ses membres.
Prendre en main son destin
Si toutes les conditions sont réunies, les coopératives constituent des options attrayantes pour les femmes. Dans la région de Chemin Grenier, par exemple, cinq femmes ont joint leurs forces pour un projet d’apiculture. Mme Devika Ramgoolam, une des membres, confie que c’est en 2007 qu’elle et d’autres femmes se sont lancées dans la production du miel.
Elle souligne que le NICE et le département d’entomologie du ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire leur a apporté une aide technique et une formation théorique et pratique qui leur a permis d’apprendre à maîtriser l’enfumage de la ruche, la récolte et l’emballage du miel. De plus, cinq
ruches leur ont été offertes gratuitement.
Leur production de miel tourne autour de 500 litres par an et les produits de miel gingembre, cannelle ou naturel sont vite écoulés. Si bien que le groupe a pu également se lancer dans la production d’achards et de ‘satwa’, un mélange de riz, lentille, maïs et de ‘dal gramme’ qui autrefois était préparé par nos grand-mères.
Devika explique que pour elle, être entrepreneur rime avec prestige et fierté et indépendance économique. ‘L’apiculture est quelque chose qui me passionne et avec beaucoup de volonté, d’amour, de patience et de persévérance, mes amies et moi nous avons pu monter notre société qui est génératrice de revenus. Nous avons aussi beaucoup gagné en termes de confiance en soi et de capacité de prendre des décisions’, dit-elle.
Elle estime qu’en mettant en commun leurs capitaux à travers les coopératives, les femmes sont plus en mesure d’exercer des activités génératrices de revenus et d’organiser leur travail d’une manière flexible qui respecte les rôles multiples qu’elles peuvent assumer dans la société.
“Si elles s’y prennent comme il le faut, les coopératives offrent aux femmes un moyen organisationnel efficace d’améliorer leur niveau de vie en accédant à un travail décent, à des mécanismes d’épargne et de crédit, à l’éducation et à la formation”, ajoute-t-elle.
“L’apiculture a changé ma vie. Le travail en coopérative m’a permis de m’ouvrir au monde extérieur, de développer mes compétences et l’esprit d’initiative. Je me sens forte et valorisée car mes efforts sont récompensés”, résume Devika.
En effet, les choses ont évolué depuis que la première coopérative des femmes, la Jagriti Women’s Handicraft Cooperative cum Production Society Ltd, fut implantée en 1974 à Quatre-Bornes. La société regroupait une vingtaine de membres qui s’adonnaient principalement à la couture et à des travaux de ‘tie and dye’ et de batik. Aujourd’hui, il existe 142 coopératives féminines à Maurice. Elles sont engagées dans diverses activités, notamment la fabrication de produits d’artisanat et d’objets de décoration intérieure, l’apiculture, le textile, l’alimentaires et la plantation.
Le secteur coopératif est régi par la Cooperatives Act de 2005, comme subséquemment amendé. Un minimum de cinq membres est requis pour former une coopérative avec un capital social (share capital) minimal de Rs 5 000. La demande d’enregistrement doit être faite auprès du Registrar of Cooperatives au Head Office du ministère de tutelle.
Michael Sik Yuen : “Il est impérieux de diversifier et d’innover”
Le gouvernement reconnaît l’importance du secteur coopératif des femmes et œuvre à créer un meilleur environnement de soutien pour le développement des coopératives, affirme le ministre de l’Activité économique, de l’entreprise, des Coopératives et de la protection des consommateurs, M. Michael Sik Yuen. Cependant, précise-t-il, pour réussir, le secteur des coopératives, surtout du côté des femmes, doit faire preuve de rigueur et de ‘Nous évoluons dans un environnement de compétition. Pour passer la rampe, les produits doivent être de qualité. Il ne faut pas se contenter du bas de gamme. Il faut être créatif, diversifier et proposer des produits innovants à des prix compétitifs, avec un plan de marketing bien établi. Ces éléments doivent être complétés par une bonne gestion’, fait-il ressortir Tout cela requiert de la formation, poursuit le ministre, et le gouvernement a mis en place plusieurs mesures en ce sens. Ces supports financier, fiscal et politique englobent la formation des femmes dans l’entrepreneuriat coopératif, l’organisation des foires pour que les femmes puissent écouler leurs produits, l’assistance aux coopératives des femmes pour qu’elles puissent bénéficier d’aide financière auprès des organismes de financement et l’expertise technique pour la mise en œuvre des plans et des projets.
Selon Michael Sik Yuen son ministère met beaucoup d’accent sur la formation, l’emballage des produits, la commercialisation et la vente. ‘Nous poussons les femmes vers de nouvelles lignes de produits tels que l’apiculture et d’autres produits que nous importons. Une attention spéciale est aussi accordée à des formations appropriées et au marketing des produits. Le but est de permettre à ces femmes de commercialiser leurs produits à l’extérieur dans quatre à cinq ans’, précise le ministre.
Organisation de foires
Pour faciliter le marketing des produits des entreprises coopératives, le ministère du Business, des Entreprises, des Coopératives et de la Protection des Consommateurs organise régulièrement des foires à travers le pays. Chaque mois, des foires ont lieu à Vacoas, Rivière-du-Rempart, Rose Hill, Pamplemousses, Plaisance, Quatre Bornes et Triolet et Rose Belle. L’objectif est d’accroître la visibilité des sociétés coopératives et de sensibiliser le public au rôle du mouvement coopératif à Maurice ainsi qu’à sa contribution dans le développement socio-économique. Les foires agissent non seulement comme un espace de communication, de coopération et de solidarité entre les femmes membres des coopératives mais aussi comme espace de réflexion collective en vue de renforcer la qualité des produits coopératifs, chercher des alternatives et de nouveaux horizons pour commercialiser des produits.
Cours de formation
De plus, plusieurs cours de formation sont offerts par le National Institute for Cooperative Entrepreneurship (NICE) sous l’égide du ministère de tutelle. Sous l’Entrepreneurship Development Programme, des femmes voulant mettre sur pied une coopérative peuvent bénéficier de cours axés sur la gestion et la planification de la création d’une entreprise, le marketing et la comptabilité, entre autres.
Par ailleurs, des cours taillés sur mesure sont organisés en collaboration avec l’Agricultural and Research Extension Unit, le Small Medium Enterprises Development Authority et le ministère de l’Egalité des Genres, du Développement de l’Enfant et du Bien-être de la Famille.
Ces cours ont trait à la fabrication des rideaux, l’apiculture, l’agro-processing et la cuisine, entre autres. Les femmes peuvent aussi bénéficier de cours tels que la conduite automobile (théorie), la communication et le leadership dans le but de s’autonomiser davantage.
Plans d’appui
Le ministère offre plusieurs plans d’appui aux coopératives en termes d’exemption fiscale, de support technique et de services d’audit gratuits.
En effet, une société coopérative bénéficie d’exemption de frais d’enregistrement, de transcription, d’inscription et de droit de timbre (stampduty) sur les instruments.
Les sociétés dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas les Rs 10 millions sont éligibles à des services d’audit gratuits.
Dans le souci de mieux promouvoir les intérêts économiques des coopératives des femmes, la Mauritius Women Entrepreneurs Cooperative Federation fut créée en 2007. La Fédération, qui regroupe toutes les membres des sociétés coopératives féminines, s’est fixée plusieurs objectifs afin de soutenir le développement et la croissance des coopératives féminines.
La promotion de la culture de l’entrepreneuriat parmi les femmes, la mise sur pied des programmes de formation, l’implémentation des projets pour le développement des femmes, l’assistance aux femmes pour les aider à mettre sur pied des sociétés coopératives et créer des réseaux avec les organisations des femmes sur les plan local et international sont autant de facilités offertes par la Fédération à ses membres.
Prendre en main son destin
Si toutes les conditions sont réunies, les coopératives constituent des options attrayantes pour les femmes. Dans la région de Chemin Grenier, par exemple, cinq femmes ont joint leurs forces pour un projet d’apiculture. Mme Devika Ramgoolam, une des membres, confie que c’est en 2007 qu’elle et d’autres femmes se sont lancées dans la production du miel.
Elle souligne que le NICE et le département d’entomologie du ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire leur a apporté une aide technique et une formation théorique et pratique qui leur a permis d’apprendre à maîtriser l’enfumage de la ruche, la récolte et l’emballage du miel. De plus, cinq
ruches leur ont été offertes gratuitement.
Leur production de miel tourne autour de 500 litres par an et les produits de miel gingembre, cannelle ou naturel sont vite écoulés. Si bien que le groupe a pu également se lancer dans la production d’achards et de ‘satwa’, un mélange de riz, lentille, maïs et de ‘dal gramme’ qui autrefois était préparé par nos grand-mères.
Devika explique que pour elle, être entrepreneur rime avec prestige et fierté et indépendance économique. ‘L’apiculture est quelque chose qui me passionne et avec beaucoup de volonté, d’amour, de patience et de persévérance, mes amies et moi nous avons pu monter notre société qui est génératrice de revenus. Nous avons aussi beaucoup gagné en termes de confiance en soi et de capacité de prendre des décisions’, dit-elle.
Elle estime qu’en mettant en commun leurs capitaux à travers les coopératives, les femmes sont plus en mesure d’exercer des activités génératrices de revenus et d’organiser leur travail d’une manière flexible qui respecte les rôles multiples qu’elles peuvent assumer dans la société.
“Si elles s’y prennent comme il le faut, les coopératives offrent aux femmes un moyen organisationnel efficace d’améliorer leur niveau de vie en accédant à un travail décent, à des mécanismes d’épargne et de crédit, à l’éducation et à la formation”, ajoute-t-elle.
“L’apiculture a changé ma vie. Le travail en coopérative m’a permis de m’ouvrir au monde extérieur, de développer mes compétences et l’esprit d’initiative. Je me sens forte et valorisée car mes efforts sont récompensés”, résume Devika.

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