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Editorial: Compte à rebours

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Dans leur fort intérieur les Mauves ont dû se rendre compte d'un fait bien trop évident pour ne pas sauter aux yeux : leur mobilisation du 1er-Mai de cette année est presque identique à celle de l'année dernière. Un simple exercice comparatif de la foule de 2011 à celle de 2012 suffirait pour soutenir cette affirmation. Même si pour des raisons évidentes le MMM ne fera pas état de ce fait publiquement, il est manifestement établi que l'apport de sir Anerood Jugnauth au MMM est négligeable.

Depuis que sir Anerood avait indiqué qu'il démissionnerait de la présidence pour descendre dans l'arène politique, la plupart des observateurs croyaient que dans un tel cas le paysage politique allait connaître un important bouleversement qui aboutirait à rendre le gouvernement minoritaire provoquant ainsi des élections générales anticipées. Non seulement tel n'a pas été le cas, c'est le contraire qui s'est produit. La majorité gouvernementale s'est renforcée par deux voix additionnelles, comme attesté par le nombre de votes recueillis lors de l'élection du Speaker adjoint à la réouverture du Parlement.

Par contre, l'opposition MMM a perdu dans le sillage de Medpoint II un de ses partenaires, le MMSD d'Eric Guimbeau qui siège désormais en indépendant. On peut ainsi avancer avec certitude que le retour de sir Anerood en politique active, en dépit du fait qu'il a été hyper médiatisé, n'a pas eu l'effet escompté sur le terrain, si ce n'est l'explosion d'une insignifiante bulle d'air.

Il n'y a que les sur zélés qui voulaient attendre le rassemblement du 1er-Mai pour être convaincus de l'impact populaire que provoquerait l'effet Jugnauth père. Pourtant, dès le lendemain de sa démission, une fois le battage médiatique savamment orchestré dissipé, cet événement avait vite été relégué au rang de banalité. Le véritable 'litmus test' cependant avait eu lieu au collège Universal, à Rivière-du-Rempart, le lundi 23 avril. C'était lors de la première sortie en solo de sir Anerood  dans son ancien fief après neuf ans passés dans le confort du château du Réduit.

Rapportant le lendemain cet événement dans sa version électronique, un quotidien du matin connu pour son soutien indéfectible au MMM faisait état d'une présence de "quelque 700 personnes" qui avaient  accordé "un accueil triomphal" à sir Anerood non sans faire ressortir que "la présence des partisans du MMM n'est pas passée inaperçue à ce congrès" ! Selon les estimations réalistes et sans doute celle du principal concerné également, il n'y avait pas plus de 600 partisans, "la présence des partisans du MMM" comprise, à ce congrès. Une bien piètre mobilisation pour un ancien géant de la politique qui cherchait à faire un come-back fracassant. Il faut qu'on soit vraiment frappé de cécité pour ne pas lire les écrits sur le mur à Rivière-du-Rempart ce soir-là.

Aujourd'hui, après la déception du 1er-Mai, Paul Bérenger devrait se demander s'il était vraiment bien inspiré d'avoir forcé Medpoint II à travers la gorge son électorat tout en offrant au MSM ne représentant qu'une infime poignée de l'électorat, d'énormes concessions au grand dam des fidèles mauves.

Le leader du MMM, tout comme la population, a dû se rendre à cette évidence selon laquelle sir Anerood, de par son langage vulgaire, voire même obscène ainsi que son attitude grossière, n'a produit qu'un effet repoussant, surtout vis-à-vis des jeunes et des femmes. Il a également démontré que son unique programme constitue à proférer des attaques sur la vie privée de son principal adversaire, même si cela exige qu'il patauge dans la bassesse.

En fin de compte le MSM s'est soldé en un lourd boulet que le MMM aura à tirer pour trois ans encore, sans compter l'effet négatif que cette embarrassante présence aura sur l'électorat urbain du MMM lors des prochaines élections municipales.

Dès lors, il convient de se demander si le compte à rebours de l'implosion de Medpoint II n'a pas commencé depuis mardi.

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