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Editorial: Contrat sous seing privé

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Le dynamisme que le ‘coup d’éclat’ du week-end dernier de sir Anerood Jugnauth devait provoquer au sein de l’opposition à travers sa démission hautement médiatisée n’a pas eu le résultat escompté. Au contraire, on peut même avancer que la démission de l’ancien président semble avoir causé bien plus de problèmes pour le MMM, sans compter que dès le début de la semaine cette démission a vite été reléguée à la catégorie des faits divers politiques.

Paul Bérenger, la force motrice de cette démission, doit se retrouver aujourd’hui pris entre deux feux : d’une part, la réjouissance d’avoir réussi l’exploit de faire descendre sir Anerood dans l’arène politique et, d’autre part, les fortes difficultés à brider un MSM qui, avec ses 3 % de l’électorat, est connu pour son appétit gargantuesque en ce qui concerne la répartition des tickets, maroquins ministériels, ambassadeurs et autres nominations. Et là, on fait abstraction de l’imposition de ses multiples conditions qui dans bien des cas frisent l’absurdité.

Les techniques de marchandage du MSM sont telles que même Navin Ramgoolam, connu pour sa tenace résistance contre le blackmail, avait en 2010 fléchi face aux chantages exercés par ce parti. Il avait été contraint d’offrir 18 tickets ainsi que les meilleurs ministères, y compris les Finances, au MSM non sans avoir créé la frustration de bon nombre de ses fidèles. Qui aurait cru qu’il allait sacrifier un Rama Sithanen sur l’autel des négociations en faveur de Pravind Jugnauth qui, pourtant en 2008, aurait continué à pâtir dans le désert politique ne fut-ce le soutien musclé du PTr ! A peine 15 mois après, Navin Ramgoolam a dû payer amèrement sa générosité aberrante.

Aujourd’hui, Paul Bérenger, après avoir tout fait pour amener sir Anerood à la table des négociations dans le sillage d’un accord calqué sur celui de Medpoint 2000, est appelé à subir les pressions d’un MSM qui, depuis, a été ébranlé par le scandale Medpoint et d’un sir Anerood dont le poids électoral demeure aléatoire après son passage de neuf ans dans le confort de la State House. D’ailleurs, les observateurs politiques n’hésitent pas à faire remarquer que la montagne Anerood a de forts risques d’accoucher d’une souris dans la mesure où les perspectives des élections générales anticipées deviennent de plus en plus lointaines et avec un Navin Ramgoolam bien plus aguerri qu’il n’était en 2000.

Le MMM qui a galéré quasiment seul contre vents et marées depuis 2005 se voit aujourd’hui non seulement en quémandeur d’alliance avec un parti qui l’a systématiquement vilipendé, mais surtout contraint à consentir à jouer pour la énième fois un rôle de wagon.

Selon l’accord Medpoint II, la répartition des tickets se fera sur une base de 30/30. On voit difficilement comment, en 2012, Paul Bérenger pourrait une fois de plus faire avaler cette couleuvre à ses militants de base ainsi qu’à ses aspirants candidats à l’effet qu’un tel sacrifice vaut vraiment le coup pour le MMM.

Pour ce qui est du partage de pouvoir, il convient de se demander dans quelle mesure le MSM ne trahira pas le MMM avant les trois premières années où sir Anerood serait Premier ministre afin de s’assurer que les intérêts de son fils soient sauvegardés. Paul Bérenger est loin d’être naïf pour ne pas comprendre les réelles motivations du MSM lorsqu’il s’était séparé du gouvernement de Ramgoolam ainsi que celles de sir Anerood en acceptant de descendre dans l’arène politique.

Paul Bérenger n’est également pas sans savoir que sir Anerood a une dette à régler avec son électorat. Il s’agit d’une obligation morale contractée ‘sous seing privé’ durant la campagne électorale de 2000 et qu’il avait pris l’engagement de s’en acquitter avant 2003. Engagement qui n’a pas été respecté. D’aucuns estiment que c’est le moment opportun pour lui de faire amende honorable s’il ne souhaite pas entrer dans l’histoire comme celui qui aurait trahi son électorat.

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