Editorial: Réflexions pieuses
La prise de position de l'évêque de Port Louis Mgr Maurice E. Piat dans sa lettre pastorale de Carême 2012 contre le Best Loser System (BLS) provoquera sans doute des remous dans plusieurs milieux de la société. Son appel aux Chrétiens pour une ouverture à une fraternité plus large qui déboucherait éventuellement sur un vrai mauricianisme mérite d'être salué.
L'évêque de Maurice et archevêque de l'océan Indien Mgr Ian Ernest a, dans son mandement de Carême, déploré également le fait que "les débats sur la réforme électorale révèlent encore une fois notre incapacité à aller au-delà de nos clivages ethniques". Lors de la présentation de son mandement de Carême à la presse, il a déclaré qu'il est contre le BLS. Accessoirement, NN. SS Maurice Piat et Ian Ernest ont démontré, subtilement, certes, mais de manière sans équivoque, que la religion et la politique sont deux phénomènes indissociables.
La lettre pastorale et le mandement de Carême, comme on sait, sont des documents que les chrétiens de la république de Maurice sont appelés à méditer durant les 40 jours de jeûne précédant la commémoration de la résurrection du Christ et la fête de Pâques.
Les chrétiens constituent la grande majorité de cette catégorie de la population mauricienne classifiée selon la Constitution sous le terme 'Population générale'. Ils sont parmi ceux qui ont bénéficié depuis sa création d'une représentation parlementaire garantie sous le BLS.
Cette prise de position courageuse de l'évêque de Port-Louis et de l'évêque de Maurice naturellement s'ajoutera aux débats, dans bien des cas trop passionnés, provoqués par la recommandation des experts constitutionnels visant à abolir le BLS et à le remplacer par une dose de représentation proportionnelle dans le cadre d'une réforme électorale.
Par ricochet, ces deux documents de réflexion viennent prendre à contre-pied les organisations socioculturelles créoles, certains représentants de la société civile de sensibilité créole ainsi que le leader de l'opposition Paul Bérenger qui ont manifestement exprimé leur désaccord total sur toute tentative d'abolir le BLS.
Depuis que la question de l'abolition du BLS a été évoquée, le pays s'est scindé en deux groupes distincts : d'une part les minorités, principalement les musulmans et la population générale, et d'autre part la majorité, comprenant essentiellement des hindous. C'est une situation qui risque potentiellement de nuire à l'unité nationale. Pourtant, comme l'a prouvé Rama Sithanen avec statisques à l'appui, les appréhensions de ceux qui sont contre l'abolition du BLS sont infondées, donc injustifiées.
Maintenant que les autorités religieuses suprêmes des chrétiens mauriciens – l'évêque de Port Louis et l'archevêque de l’océan Indien – se sont prononcées catégoriquement contre toute forme de représentation parlementaire basée sur des critères ethniques, tel le BLS, il n'est pas interdit de penser que les membres de la population générale pourraient désormais jeter en toute sérénité un nouveau regard sur la véritable dimension de cette question. Car aussi longtemps que la méfiance ou le doute perdurera, ne serait-ce qu'au sein d'une section de la population, le vrai mauricianisme dont parle Mgr Piat restera une lettre morte.
Mais, d'une manière générale, cette méfiance, dans la plupart des cas injustifiée, est créée par ceux animés par de sinistres desseins. Il faut remonter dans l'histoire, précisément aux années 1967-68, pour comprendre la genèse de cette méfiance qui, en dépit du passage du temps et des événements qui se sont produits, demeure toujours vivante, jusqu'aujourd'hui, dans la psyché de certaines composantes de la population.
Le germe de cette méfiance fut semé et nourri par ceux qui étaient contre l'accession du pays à l'indépendance. On se souvient encore de ces discours incendiaires que tenaient ces opposants de l'indépendance soutenus par des visuelles aussi incendiaires à travers des affiches séditieuses et autres graffitis insultants contre ceux qui militaient pour la souveraineté de tous les citoyens de ce pays sans distinction aucune et pour l'émergence d'une nouvelle nation menant au mauricianisme. Ils ne lésinaient pas sur les moyens pour effrayer les minorités contre une soi-disant hégémonie hindoue qui sévirait, aussitôt que l'indépendance proclamée, que la statue de Marie Reine de la Paix serait remplacée par celle de Mahatma Gandhi, que des bateaux 'langoutis' débarqueraient pour envahir l'île et que le port du sari serait imposé à toutes les Mauriciennes.
Il faut qu'on soit animé d'une profonde malhonnêteté pour, ne serait-ce insinuer, que les minorités ont été, sont ou seraient en danger à Maurice. La Constitution, loi suprême du pays, offre une protection absolue aux minorités. Depuis l'indépendance tous les titulaires aux postes clés de l'Etat tels le chef juge, le commissaire de police, le commissaire électoral, le directeur des Poursuites publiques, le directeur de l'Audit, etc., ont été nommés uniquement sur la base de la méritocratie. Les membres des ethnies dites minoritaires, à un moment ou un autre, ont occupé et occupent encore ces fonctions.
Depuis l'accession du pays au statut de république en 1992, la présidence a été occupée par au moins deux membres des communautés minoritaires, dont un avait bénéficié de deux mandats. En septembre 2000 le peuple avait démocratiquement voté pour un Premier ministre appartenant à une minorité la plus infime du pays. En termes réels, ce sont les minorités qui bénéficient le plus des prestations sociales telles l'Education gratuite, le service de santé gratuite, la pension de vieillesse, les subsides sur le riz et la farine, des logements sociaux, le transport gratuit, etc.
Peut-on vraiment parler de discrimination ou d'absence de méritocratie ? Pourquoi, 44 ans après l'indépendance, cette ouverture plus grande vers ce mauricianisme dont parle Mgr Maurice E. Piat ne s'est pas produite en dépit de l'esprit de tolérance de la majorité de la population ? Qu'est-ce qui empêche l'éveil du "Mauricien qui sommeille en nous " ?
Ces questions méritent sans doute une réflexion profonde basée sur une forte dose de bonne foi et d'honnêteté envers soi-même.
L'évêque de Maurice et archevêque de l'océan Indien Mgr Ian Ernest a, dans son mandement de Carême, déploré également le fait que "les débats sur la réforme électorale révèlent encore une fois notre incapacité à aller au-delà de nos clivages ethniques". Lors de la présentation de son mandement de Carême à la presse, il a déclaré qu'il est contre le BLS. Accessoirement, NN. SS Maurice Piat et Ian Ernest ont démontré, subtilement, certes, mais de manière sans équivoque, que la religion et la politique sont deux phénomènes indissociables.
La lettre pastorale et le mandement de Carême, comme on sait, sont des documents que les chrétiens de la république de Maurice sont appelés à méditer durant les 40 jours de jeûne précédant la commémoration de la résurrection du Christ et la fête de Pâques.
Les chrétiens constituent la grande majorité de cette catégorie de la population mauricienne classifiée selon la Constitution sous le terme 'Population générale'. Ils sont parmi ceux qui ont bénéficié depuis sa création d'une représentation parlementaire garantie sous le BLS.
Cette prise de position courageuse de l'évêque de Port-Louis et de l'évêque de Maurice naturellement s'ajoutera aux débats, dans bien des cas trop passionnés, provoqués par la recommandation des experts constitutionnels visant à abolir le BLS et à le remplacer par une dose de représentation proportionnelle dans le cadre d'une réforme électorale.
Par ricochet, ces deux documents de réflexion viennent prendre à contre-pied les organisations socioculturelles créoles, certains représentants de la société civile de sensibilité créole ainsi que le leader de l'opposition Paul Bérenger qui ont manifestement exprimé leur désaccord total sur toute tentative d'abolir le BLS.
Depuis que la question de l'abolition du BLS a été évoquée, le pays s'est scindé en deux groupes distincts : d'une part les minorités, principalement les musulmans et la population générale, et d'autre part la majorité, comprenant essentiellement des hindous. C'est une situation qui risque potentiellement de nuire à l'unité nationale. Pourtant, comme l'a prouvé Rama Sithanen avec statisques à l'appui, les appréhensions de ceux qui sont contre l'abolition du BLS sont infondées, donc injustifiées.
Maintenant que les autorités religieuses suprêmes des chrétiens mauriciens – l'évêque de Port Louis et l'archevêque de l’océan Indien – se sont prononcées catégoriquement contre toute forme de représentation parlementaire basée sur des critères ethniques, tel le BLS, il n'est pas interdit de penser que les membres de la population générale pourraient désormais jeter en toute sérénité un nouveau regard sur la véritable dimension de cette question. Car aussi longtemps que la méfiance ou le doute perdurera, ne serait-ce qu'au sein d'une section de la population, le vrai mauricianisme dont parle Mgr Piat restera une lettre morte.
Mais, d'une manière générale, cette méfiance, dans la plupart des cas injustifiée, est créée par ceux animés par de sinistres desseins. Il faut remonter dans l'histoire, précisément aux années 1967-68, pour comprendre la genèse de cette méfiance qui, en dépit du passage du temps et des événements qui se sont produits, demeure toujours vivante, jusqu'aujourd'hui, dans la psyché de certaines composantes de la population.
Le germe de cette méfiance fut semé et nourri par ceux qui étaient contre l'accession du pays à l'indépendance. On se souvient encore de ces discours incendiaires que tenaient ces opposants de l'indépendance soutenus par des visuelles aussi incendiaires à travers des affiches séditieuses et autres graffitis insultants contre ceux qui militaient pour la souveraineté de tous les citoyens de ce pays sans distinction aucune et pour l'émergence d'une nouvelle nation menant au mauricianisme. Ils ne lésinaient pas sur les moyens pour effrayer les minorités contre une soi-disant hégémonie hindoue qui sévirait, aussitôt que l'indépendance proclamée, que la statue de Marie Reine de la Paix serait remplacée par celle de Mahatma Gandhi, que des bateaux 'langoutis' débarqueraient pour envahir l'île et que le port du sari serait imposé à toutes les Mauriciennes.
Il faut qu'on soit animé d'une profonde malhonnêteté pour, ne serait-ce insinuer, que les minorités ont été, sont ou seraient en danger à Maurice. La Constitution, loi suprême du pays, offre une protection absolue aux minorités. Depuis l'indépendance tous les titulaires aux postes clés de l'Etat tels le chef juge, le commissaire de police, le commissaire électoral, le directeur des Poursuites publiques, le directeur de l'Audit, etc., ont été nommés uniquement sur la base de la méritocratie. Les membres des ethnies dites minoritaires, à un moment ou un autre, ont occupé et occupent encore ces fonctions.
Depuis l'accession du pays au statut de république en 1992, la présidence a été occupée par au moins deux membres des communautés minoritaires, dont un avait bénéficié de deux mandats. En septembre 2000 le peuple avait démocratiquement voté pour un Premier ministre appartenant à une minorité la plus infime du pays. En termes réels, ce sont les minorités qui bénéficient le plus des prestations sociales telles l'Education gratuite, le service de santé gratuite, la pension de vieillesse, les subsides sur le riz et la farine, des logements sociaux, le transport gratuit, etc.
Peut-on vraiment parler de discrimination ou d'absence de méritocratie ? Pourquoi, 44 ans après l'indépendance, cette ouverture plus grande vers ce mauricianisme dont parle Mgr Maurice E. Piat ne s'est pas produite en dépit de l'esprit de tolérance de la majorité de la population ? Qu'est-ce qui empêche l'éveil du "Mauricien qui sommeille en nous " ?
Ces questions méritent sans doute une réflexion profonde basée sur une forte dose de bonne foi et d'honnêteté envers soi-même.

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