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Sonia Dosoruth, docteur ès lettres, se voit critique littéraire

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Docteur ès lettres de l’université Paris-Sorbonne (Paris IV) en littérature française et comparée, Sonia Dosoruth, 32 ans, fille de M. et Mme Harry Dosoruth enseigne le français au Mahatma Gandhi Institute (MGI), à Moka. En obtenant sa thèse intitulée ‘La représentation de l’enfant dans la littérature mauricienne francophone : de Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre à nos jours, avec “mention très honorable”, cette jeune femme active, brillante, coopérative dans le milieu professionnel se dit avoir accompli un de ses rêves d’enfance.

Née à Port-Louis, elle fréquente l’école primaire Raoul Rivet Government School. Elle poursuivra ses études secondaires au Mahatma Gandhi Institute. Sonia Dosoruth, femme, mince, d’allure décontractée et sûre d’elle, nous confie qu’elle a toujours eu un penchant pour la langue française.

D’ailleurs, en 1996, nous raconte-t-elle, ayant été classée première en philosophie indienne, elle décroche une bourse indienne en Higher School Certificate (HSC) lui permettant de poursuivre ses études supérieures de son choix dans la Grande péninsule. Mais, elle refusera cette offre afin de pouvoir matérialiser son rêve : avoir la maîtrise de la langue française. Ainsi, en 1998, Sonia s’inscrit à l’université de Maurice où elle commence à bâtir son rêve en débutant avec un BA (Hons) French. Le destin complice de ses rêves la met sur la route vers l’Hexagone d’autant qu’elle bénéficie d’une bourse du gouvernement français lui permettant de faire une maîtrise de Lettres Modernes à l’Université Paris X-Nanterre. Elle passe par la suite un entretien pour un D.E.A de Littérature française et comparée à l’université Paris-Sorbonne (Paris IV) sous la direction de Mme le professeur Beïda Chikhi, Directeur du Centre international d’études francophones et directeur de la thèse.

Pourquoi une thèse sur la représentation de l’enfant dans la littérature mauricienne francophone ?

Etant moi-même enseignante, tout ce qui est relié au domaine de l’enfant et de l’enfance me touche de près. D’une part, il s’agissait d’attirer l’attention sur le statut des enfants, trop souvent marginalisé, voire opprimé par le discours des adultes. D’autre part, cette étude relevait d’une envie de sonder un monde que l’on connaît mal ou que l’on a oublié. Aussi, jusque-là, une bonne partie des mémoires d’étudiants de l’université de Maurice portait sur la femme. Il m’a paru nécessaire de déplacer le propos et d’attirer l’attention sur la présence et la fonction de l’enfant dans l’espace littéraire mauricien et lui permettre d’accéder à un autre niveau de réflexion pour une meilleure compréhension de l’ensemble de la société mauricienne. Poursuivre mes études dans cette filière n’a pas été chose facile. Je passais des heures à la bibliothèque à lire des œuvres de tous les auteurs de la période coloniale, période pré-indépendance, période post-indépendance et période contemporaine. Les textes étudiés étaient d’Auguste Maingard, Savinien Mérédac, Robert-Edward Hart, Clément Charoux, Yves Ravat, Loys Masson, Marcel Cabon, Jean Fanchette, Marie-Thérèse Humbert, Muriel Obret, Alix d’Unienville, Alain Gordon-Gentil, Carl de Souza, Barlen Pyamootoo, Shenaz Patel, Nathacha Appanah, Ananda Devi. C’est bien ceux-là qui m’ont aidé à rédiger ma thèse de 400 pages. Bien que j’ai pu profiter de mes vacances scolaires pour trouver des ressources nécessaires à la Bibliothèque Nationale et la Bibliothèque de l’université de Maurice, je constate toutefois qu’il y a un grand manque de ressources en tant que critique littéraire que ce soit à l’université de Maurice ou ailleurs. A l’UoM, le niveau des ressources est très restreint. Pour perfectionner ma thèse, j’ai dû me rendre en Beaubourg à Paris afin que je puisse maintenir le niveau de la Sorbonne. Cela a été assez pénible pour moi ‘autant que je devais photocopier des livres et revenir à Maurice. Le but de rédiger cette thèse a été de montrer comment on passe de cette notion paradisiaque à une espèce de mort lente. D’une part, elle montre la représentation triangulaire de père-mère-enfant, à une représentation plus simpliste : mère-enfant.

Votre prochain but serait-il d’écrire un livre ?

Pas pour le moment, je ne me vois pour l’instant que comme critique littéraire, pas romancière. Je ne veux pas me hâter dans ce domaine. Mon but était de faire mon doctorat, chose qui a été accomplie maintenant. Je constate aussi que de manière générale, les gens à Maurice font leur thèse très tard. Cela est assez mal vu dans le système français. Nous suivons de très près le système anglosaxon. Par contre, en France, vous remarquez qu’il vous faut faire votre thèse plus tôt. La thèse ne peut se faire en fin de carrière. On débute sa carrière avec une thèse. Pour le moment, mes élèves et moi nous partageons nos connaissances. Je gagne beaucoup avec mes élèves. D’ailleurs, en 2004, lorsque j’ai commencé à écrire ma thèse, j’écrivais d’une certaine manière, mais mon approche a sensiblement changé avec le temps. J’ai été très critique, confirmant que ma manière d’écrire a évolué.

Le penchant pour les lettres serait-il inné dans la famille ?

(Rires) Non, pas vraiment. Mes parents Harry et Maud Dosoruth, sont tous deux retraités du service hospitalier. Etant moi-même cinquième enfant de la famille, j’ai avant moi mes sœurs et frères qui travaillent dans le secteur financier et communication. J’ai toujours eu un faible pour la langue française. Après le HSC, je voulais me rendre en France. J’étais attirée par tout ce qui est français : culture, littérature, gastronomie. Ce que j’avais en tête c’était de commencer mes études et terminer jusqu’au doctorat. Le rêve a été réalisé, et maintenant on verra ce que nous réserve l’avenir.



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