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Le combat artistique de Nadine Ramsamy

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Du haut de ses 25 ans, Nadine Ramsamy n’a pas chômé de sa vie.

Il était une fois, une jeune fille talentueuse, souriante et pétillante de vie nommée Nadine Ramsamy. Issue d’une famille mauricienne métissée, de père tamoul et de mère créole, Nadine a mené une vie parsemée d’embûches et de coups durs mais sut se forger un caractère en valorisant son héritage hybride. Accomplissant ses rêves les plus fous, elle montre au monde qu’elle est de celles qui se battent au nom de leur passion. Rencontre.

Epopée artistique

Du haut de ses 25 ans, Nadine Ramsamy n’a pas chômé de sa vie. Déjà à l’âge de 3 ans, elle s’adonne à la danse devant la télé, esquissant des pas à l’improviste. Pendant les trois années qui suivent, l’enfant prodige danse sans chorégraphie à des spectacles de danse sans pour autant maitriser les techniques. À six ans, ses parents l’inscrivirent à une école de danse où elle se spécialise au Bharata Natyam, sa danse de prédilection. Originaire du Sud de l’Inde, le bharata natyam est considéré comme la plus ancienne forme de danse classique indienne.

Les parents ont un rôle fondamental à jouer dans l’éducation des enfants, et Nadine estime que les siens ont joué le leur à merveille. Avec nostalgie, elle se remémore l’époque où ses parents et ses frères l’emmenaient à ses cours de danses à tour de rôle. Sa réussite elle la doit à sa famille qui s’est sacrifiée chaque semaine afin qu’elle vive sa passion. À l’adolescence, elle suit des cours au MGI mais elle affirme n’avoir pas acquis grand-chose. Entre-temps, elle participe à des spectacles socioculturels en freelance pour se faire un peu d’argent et se lance dans le travail social. Nadine fait partie d’un groupe de jeunes qui se réunissent et travaillent auprès de jeunes drogués au sein de la paroisse.

Indienne de cœur

Après ses études secondaires, Nadine s’envole vers la Grande péninsule afin d’étudier la littérature anglaise mais une fois sur place, elle découvre le monde artistique indien et en parallèle, elle suivit des cours de danse à l’université de Bharathidasan, afin d’acquérir un diplôme. “L’art c’est cher”, dira Nadine. En effet, même si elle en sort enrichie artistiquement, elle déplore que “les cours étant onéreux, je n’ai pas réussi à apprendre tout ce que je voulais” mais elle garde espoir qu’un jour elle pourra faire une maîtrise en danse et revoir son pays de cœur. “L’Inde c’est ma deuxième patrie et j’ai l’impression d’avoir laissé une partie de moi-même là-bas”, dit Nadine. En Inde, elle avoue avoir vécu des expériences qui l’ont fait grandir artistiquement et sur le plan personnel. “Je me suis retrouvé au beau milieu de l’univers effrayant des malades et de la pauvreté en allant souvent rendre visite à mes compatriotes mauriciens qui se faisaient opérer en Inde”.

Une Nadine Ramsamy toute souriante initiant ses élèves à un cours de danse.

Partage artistique

De retour à Maurice, c’est une Nadine grandie et motivée qui décide de partager son expérience artistique avec les plus jeunes. Elle donnera des cours de danse à Vacoas et parallèlement à Surinam. Le but étant de réunir 500 élèves issus de toutes les communautés car elle croit dans le  mauricianisme. Encore une fois, son idéal est le résultat de son éducation familiale où on lui a appris à aimer et respecter toutes les autres communautés. Elle a pu tirer le meilleur des deux parties sur le plan personnel, culturel et artistique entre un père qui joue à la ravanne et une mère enseignante en maternelle qui montait des spectacles. Récemment, Nadine a vécu une mauvaise expérience lors des élections où elle s’est presque fait agresser pour avoir affiché ses couleurs. Elle est passée du rêve à la réalité et a réalisé que le travail à abattre afin de changer les mentalités est énorme. Bien que déçue, elle ne baisse pas les bras et croit dur comme fer à une nouvelle île Maurice où les communautés pourraient vivre en harmonie et s’entraider.

C’est le but qu’elle s’est fixé en donnant ses cours de danse. À ce propos, Nanda Narrainen, président du Shri Vinayagur Seedalamen Kovil ne tarit pas d’éloges à son égard : “Elle abat un travail formidable et permet à la culture tamoule de ne pas tomber dans l’oubli. Elle se déplace chaque semaine pour donner des cours à ses élèves et non le contraire”. Nadine avouera ne retirer aucun profit des cours qu’elle donne, sa satisfaction étant de savoir qu’elle aide ces enfants artistiquement. Nadine a deux élèves sourds-muets qui sont de superbes danseuses de Bharata Natyam. Elle a aussi trouvé un prof de langage des signes pour donner des cours aux élèves et l’a adoptée afin que la communication soit simple.

Son plus grand rêve est d’avoir un emplacement où elle pourrait s’adonner à son art. Elle est convaincue qu’un jour sa patience portera ses fruits. Entre les cours de danse qu’elle proposent à Vacoas, à Surinam et à Mahébourg, Nadine enseigne les langues au collège Patten, Rose-Hill.



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