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La sculpture ne le laisse pas de marbre

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Lewis Dick entouré de quelques animateurs de l’Ecole de sculpture de Bambous.

Loin des aléas du quotidien se dresse L’Ecole de sculpture de Bambous, à l’initiative d’un homme. Au parcours de combattant mais un battant à l’école de la vie…

L’Ecole de sculpture, sise à Bambous, est un lieu paradisiaque pour les artistes accueillis à bras ouverts par le propriétaire des lieux, Lewis Dick. Un environnement préservé pour offrir un formidable écran à la sculpture. Beaucoup se souviendront de cet homme qui a fait la une de plusieurs journaux dans les années 70. Rongé par la pauvreté et suicidaire, il avait trouvé son salut grâce à un morceau de bois ayant les contours d’une poupée dans l’arbre. Il le sculpta pour en faire une vraie poupée qu’il offrit à ses filles pour la Noël.

“La sculpture, c’est la chance de ma vie et celle de mes enfants”, dit Lewis Dick. Il se plaît toujours à raconter l’anecdote de ce morceau de bois qui le sauva. “Je le fais pour sensibiliser les gens qui sont aujourd’hui dans la même situation que moi, jadis, afin de leur donner du courage.” Il aime aussi raconter l’histoire de L’Ecole de sculpture. Son école à lui et à tous ceux qui sont intéressés par la sculpture ! Tout comme la sculpture fut la lumière au bout du tunnel pour lui, à travers son école, Lewis Dick offre une porte de sortie, voire un salut, aux jeunes en difficulté scolaire.

C’est en 2001, en tentant d’aider deux jeunes qui voulaient exposer leurs travaux mais qui n’avaient pas d’espace, qu’il trouve sa voie… Bravant les difficultés, et après moult discussions, Lewis Dick arrive à leur trouver un emplacement bien que précaire à Bambous. Coup d’essai, coup de maître ! Pendant trois jours, l’exposition accueille plus de 4 000 personnes. C’est la clé qui lui ouvre la réussite car avec trois autres personnes, il est invité au Symposium International de Sculptures en Suisse. Lui et son ami, Michel Hottentote, se classent parmi les premiers.

C’est le début d’une ‘success story’ qui lui a permis d’ailleurs d’ouvrir son école. “Elle a accueilli pas moins de 5 000 élèves depuis ses débuts, indique-t-il, et mon but principal, c’est de prendre sous mon aile des jeunes auxquels la vie n’a pas fait de cadeau et de leur apprendre un métier pour qu’ils puissent s’en sortir.” Conscient que beaucoup d’enfants ne peuvent se déplacer jusqu’à Bambous, Lewis Dick offre des formations de sculpture à travers l’île grâce à une trentaine d’animateurs qui se déplacent.  Il prépare les jeunes qui souhaitent se présenter dans des compétitions de sculptures internationales. Ainsi, bon nombre de jeunes qui fréquentes son école ont reçu des prix au niveau international au fil des années.

Lewis Dick dit que l’art est éducatif, voire une école de la vie et que la sculpture s’impose comme une thérapie. “Taper sur le bois via la sculpture aide à évacuer des frustrations, dit-il. Cet art aide aussi à devenir avocat car il faut avoir les mots pour défendre la raison du pourquoi de telle ou telle sculpture. Il faut savoir raconter leur histoire devant un jury afin de les valoriser. La sculpture possède le don de changer la vie des gens, d’un village et pourquoi pas un pays ?”

Azaria Topize

Fils du défunt chanteur Kaya, Azaria Topize fréquente L’Ecole de Sculpture de Bambous depuis trois ans. Bien qu’ayant une prédilection pour la chanson, il a décidé de se lancer dans la sculpture car il veut élargir ses capacités et ses connaissances de l’art.

Jean Daniel Orian

Agé de 32 ans, il voue un “amour incompréhensible” à la sculpture depuis neuf ans. “J’ai encore énormément de choses à apprendre de Lewis Dick.” Il a récemment remporté le Prix du Jury lors du Symposium International de Sculpture en Suisse.

Sergio Tonta

A 17 ans, Sergio qui a commencé la sculpture depuis un an, confie : “J’ai beaucoup appris de l’art de dessiner, de sculpter et de donner forme à tout ce qui me tombe sous la main et cela me passionne car j’ai trouvé ma voie.”

Jacques Henry Dick

Fils de Lewis Dick, Jacques Henry a la sculpture dans la peau. Plusieurs fois, il a reçu le Prix du Public au Symposium de la Sculpture en Suisse. “Pour moi, la sculpture c'est simple, intéressant et pratique.”



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