Le Matinal: Vinod Persunnoo livre ses états d’âme sur la MFA Vinod Persunnoo livre ses états d’âme sur la MFA ================================================================================ Qadeer Hoybun on Wednesday 3rd of February 2010 - 02:10:00 Le premier a décliné notre invitation alors que le dernier nommé a accepté de livrer ses états d’âme. Chef de file du groupe de l’opposition, Vinod Persunnoo brosse un tableau noir du football mauricien que ce soit sur le plan de la formation, de la relance, des relations avec les clubs, de la compétition ainsi que de la gestion des différents projets. Il est d’avis qu’il faut élire un nouveau bureau au plus vite pour pouvoir redresser la situation. VINOD PERSUNNOO, EN TANT QU`ANCIEN PRESIDENT DE LA MFA, QUEL REGARD PORTEZ-VOUS SUR LE FOOTBALL ACTUELLEMENT ? Je ne dirais pas que la situation est catastrophique, mais il n’est un secret pour personne que le football va mal. Pour moi, le comité directeur de la MFA va marquer l’histoire par ses déboires. La gestion du football aujourd’hui se fait avec beaucoup d’amateurisme. Quand on voit la façon dont les différents dossiers sont traités, il n’y a pas de transparence. Le comité directeur n’est même pas au courant de tout ce qui se fait au niveau des finances. A l’agenda même du comité directeur, il devrait avoir un bilan financier, et bien que nous ayons fait de nombreuses requêtes, il n’y a rien eu durant ses trois années. C’est maintenant à la fin de son mandat que le président a demandé à son trésorier de présenter un bilan. Dans tous les secteurs, il y a des manquements. Si on regarde la formation, les écoles de football sont inexistantes contrairement à l’époque où on était encore en poste. Il y avait une formation vivante dans les régions. Aujourd’hui, tout cela a disparu. A VOUS ENTENDRE, ON DIRAIT QUE LE FOOTBALL MAURICIEN EST SUR LA MAUVAISE PENTE... Je pense que les résultas de nos différentes équipes nous donnent un aperçu de la situation. Lorsque j’ai quitté le poste du président, on était classé 119e. Aujourd’hui, Maurice se trouve à la 181e place mondiale. Bien que certains disent vouloir remonter la pente pour figurer parmi les 120, je pense qu’on est en train de rêver. Pour atteindre ce niveau, il y a un travail sérieux qui a été fait à l’époque. Je suis sceptique face à tout ce qui se passe, notamment en termes de formation, de compétition et de la qualité de joueurs disponibles sur le marché. Y A-T-IL UNE BONNE ENTENTE ENTRE LA FEDERATION ET LES CLUBS ? Je ne vais pas entrer dans les détails. C’est le chaos, surtout au niveau des compétitions. On avait mis en place un ‘competition committee’ qui était indépendant où les clubs étaient également présents pour discuter de l’organisation des compétitions. Aujourd’hui, tout est fait et approuvé à l’avance sans consultation avec les clubs. C’est pour cela qu’il y a beaucoup de conflits. S’il n’y a pas une bonne entente entre les clubs et le milieu fédéral, c’est très grave pour le football. PEUT-ON DIRE QUE C`EST LA GROGNE AU NIVEAU DES CLUBS ? Il ne faut pas oublier que la fédération n’est pas la propriété de son président ni personne d’autre. Sans les clubs, il n’y a pas de fédération. Donc, on ne peut pas avoir une relation conflictuelle, il faut être à l’écoute des autres. C’est ça le problème du football actuellement, car on n’est pas à l’écoute et on impose des décisions. ACTUELLEMENT, IL Y A UN BRAS DE FER ENTRE LA MFA ET LES CLUBS. OÙ CELA VA SE TERMINER SELON VOUS ? Si on en est arrivé là, le président a sa part de responsabilité. Il n’arrive pas à gérer la situation. Il ne faut pas oublier que lors de la conférence de Wolmar, un forum a été constitué avec l’appui de la FIFA. Un document a été présenté et approuvé par tous ceux présents. Aujourd’hui, on ne peut pas aller contre ce qui avait été décidé. Ce sont ces éléments qui vont créer des conflits. Ce qui est plus grave encore c’est que la fédération a fait appel au ministère pour trouver une solution. Ce qui nous montre que le comité directeur n’est plus en mesure de régler ses problèmes internes. LE NON-RESPECT DE L`ACCORD DE WOLMAR EST-IL UN DANGER POUR LE FOOTBALL ? L’accord de Wolmar a était approuvé par la grande famille du football mauricien. Il nous faut l’appliquer. Certaines réformes prendront du temps, d’autres iront beaucoup plus vite. C’est un projet pour l’avenir du football. Tout le monde était d’accord que le Centre de formation ne participera pas à la compétition. C’est un centre de préparation qui forme de jeunes joueurs avec des objectifs bien définis, comme partout dans le monde. Aujourd’hui, ce n’est pas normal qu’on décide que le Centre doit intégrer le championnat. C’est un manque de respect envers les clubs. D’où vient la décision de faire participer le CNTFB ? Nous avons posé la question, mais personne n’a été en mesure de nous répondre. La seule institution à pouvoir faire une demande est le comité directeur du centre qui n’a pas encore été constitué. Si on veut qu’une équipe participe à un championnat en particulier, il nous faut une dérogation de l’assemblée générale. L`ASSEMBLEE GENERALE DE LA MFA PEUT-T-ELLE PRENDRE UNE DECISION SUR CETTE AFFAIRE ? C’est la seule instance qui peut trancher. Chacun est libre d’avoir son opinion, mais il ne faut pas que cela vienne dicter notre choix. La meilleure façon est de permettre aux délégués d’en débattre et de se fixer sur cette affaire. Le Forum des présidents n’a pas le pouvoir de décider, il a été mis sur pied pour soumettre des recommandations. L`INTERVENTION DU MINISTRE EST-ELLE UNE BONNE CHOSE DANS CE DEBAT ? J’ai toujours milité pour la liberté de la fédération. Je comprends qu’il y a des investissements de toutes parts, mais le jour où la MFA perdra son indépendance, elle n’aura plus sa raison d’être. Si le ministre a débarqué à Trianon avec ses officiers pour discuter de la participation du centre, il n’y a pas d’autre explication, dont l’incompétence du président de la fédération. Tout cela ne résoudra pas le problème, et c’est triste d’en être arrivé là pour une simple décision. PENSEZ-VOUS QUE LA MISE EN PLACE DU `STEERING COMMITTEE` EST UNE BONNE CHOSE POUR LE FOOTBALL ? Dès le départ, j’ai cru en ce comité, et j’ai d’ailleurs salué l’initiative. Mais depuis, plusieurs mois se sont écoulés, et plusieurs clubs n’ont toujours pas de terrain d’entraînement. Des engagements ont été pris, mais jusqu’à présent, ils n’ont pas été respectés. Je pense que ce comité est passé à côté de ses objectifs. J’ai toujours dit que le ‘steering committee’ doit opérer ‘under the aegis of the federation’. Or, aujourd’hui ce comité opère ‘above the féderation’. Et aujourd’hui, on revient avec un mode d’opération’ du centre qui existait à l’époque, et j’ai des réserves en ce qui concerne la fondation pour le football. EN PARLANT DE PROMESSES, ON SE RAPPELLE QUE LORS DES DERNIERES ELECTIONS, VOS ADVERSAIRES AVAIENT BRANDI LE SLOGAN "A NOUS SAUVE NOUS FOOTBALL". PEUT-ON DIRE QU`ILS ONT REUSSI A LE FAIRE ? (Rires). Il est vrai que nos adversaires avaient présenté ce slogan. Mais il n’y avait nullement besoin de sauver le football, car c’était déjà fait. On avait déjà pris une direction sans compter les investissements, le classement du Club M, les infrastructures ainsi que les résultats de nos équipes en Coupes d’Afrique. N’empêche il y avait ce slogan. Et je me demandais “A nous sauve quoi ?”. Aujourd’hui, notre slogan sera ‘A nous sauve nous fédération’. DES ELECTIONS FEDERALES VONT AVOIR LIEU CETTE ANNEE. QUELLE EST LA STRATEGIE DE L`OPPOSITION ? Nous avons plusieurs stratégies. Je vais d’abord faire appel à tous nos amis de bonne volonté. Il ne faut pas oublier, qu’au départ, lorsque le nouveau comité avait été mis en place, nous avons décidé de cohabiter et de travailler dans l’intérêt du football. Mais cela n’a pas fonctionné. La dernière fois, nous avions présenté un projet de formation et d’infrastructures, et sur ce point, je peux dire que nous avons réussi. Sur le plan infrastructurel, nous avons beaucoup progressé. En ce qui concerne la formation, nous avons redynamisé un système qui était dépassé dans une formule de régionalisation. Notre groupe a les compétences, et l’avenir nous le dira. Je crois toujours dans la régionalisation du football. C’est simplement qu’on ne le fait pas comme il faut le faire. VOUS AVEZ SUIVI LE FEUILLETON CONCERNANT LE TRESORIER DE LA MFA. PEUT-ON S`ATTENDRE A D`AUTRES SCENARII DE CE GENRE ? Cela montre que l’instabilité règne au sein du comité directeur. Les membres commencent à prendre conscience de la réalité. Ils commencent à montrer leurs inquiétudes, et je les comprends. Mais je ne suis pas là pour forcer la main de personne. Personnellement, il faut aller vers de nouvelles élections et stabiliser la fédération au plus vite.