Le Matinal: Ramgoolam : “J’imagine mon pays redevenir l’Étoile et la Clé de l’océan Indien” Ramgoolam : “J’imagine mon pays redevenir l’Étoile et la Clé de l’océan Indien” ================================================================================ Jean-Denis Permal on Thursday 2nd of September 2010 - 01:01:00 C’est ce qu’a déclaré le Premier ministre Navin Ramgoolam lors d’une réception qu’il a offerte au grand salon du Musée de l’armée, à l’hôtel des Invalides, à Paris, mardi après-midi, dans le cadre de sa visite officielle en France. TETE-A-TETE DE 50 MIN ENTRE SARKOZY ET RAMGOOLAM Durant cette visite en France, le Premier ministre a eu un tête-à-tête avec le président français, Nicolas Sarkozy, à l’Elysée. Initialement prévue pour durer 30 minutes, cette réunion a duré 50 minutes, au cours desquelles divers sujets ont été abordés. Le président Sarkozy s’est félicité de l’excellence des relations entre nos pays, et de l’exemplarité des Mauriciens vivant en France. Concernant Tromelin, Nicolas Sarkozy s’est dit satisfait de la signature du traité de cogestion économique, environnementale et scientifique. Au sujet de la Commission de l’océan Indien, le président a estimé que la présidence mauricienne va redynamiser les activités de cet organisme. Il a été prévu une visite du PM à la Réunion, en vue de renforcer les liens de coopération économiques et commerciaux entre les deux îles. La piraterie a été évoquée, en raison de la menace grandissante qu’elle représente pour les États insulaires de l’océan Indien. L’aide aux services pénitentiaires, ainsi qu’au niveau de la sécurité a été, de même, évoquée. Navin Ramgoolam a fait allusion à la signature d’une convention de financement de 125 millions d’euros en 2010. Une conférence ministérielle de l’Union européenne aura lieu le 7 octobre, à Maurice. Le Premier ministre a également invité Jack Lang, conseiller spécial du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki Moon, à la réunion sur la piraterie prévue à Maurice, cette année. ------------------------- "LA FRANCE ET MAURICE PARTAGENT UN DESTIN COMMUN DEPUIS PLUSIEURS SIECLES" Le chef du gouvernement, qui est à sa quatrième visite en France depuis 2006, a déclaré que la vraie vocation de Maurice est d’être une île passerelle. “Des ethnies, venues des quatre coins du monde, ont réussi l’exploit de se tisser en une nation solidaire et unie. Et, en quatre décennies post-indépendance, nous sommes sortis du sous développement pour devenir une économie moderne, dynamique et compétitive sur le marché international”. “La prise de conscience du chemin parcouru nous incite à poursuivre, avec encore plus de détermination, notre progrès politique, économique, social et culturel”. Le chef du gouvernement a affirmé que c’est avec beaucoup d’émotion qu’il les reçoit en ces lieux chargés d’histoire, pour évoquer celle (l’histoire) qui “nous unit. “Nos pays partagent un destin commun, depuis plusieurs siècles, et vous devinez l’honneur, pour moi, de raviver, à l’Arc de triomphe, la flamme du souvenir pour ceux qui ont donné leur vie pour leur pays. Je remercie le gouverneur militaire de Paris et le comité de la flamme de l’Arc de triomphe de m’avoir fait cet honneur. À travers moi, c’est le peuple de Maurice qui est honoré. Un peuple composé de femmes et d’hommes désireux d’assumer l’Histoire de leur pays dans toute sa complexité”, a affirmé le Premier ministre. Il a aussi déclaré que la victoire navale de Napoléon, au large de la côte Sud-Est de l’ancienne île de France, dans le cadre de la rivalité franco-britannique du début du 19e siècle, a induit des changements conséquents dans le destin de notre île. Des changements dont les répercussions se font sentir, aujourd’hui encore. Le développement de notre pays s’est largement inspiré et enrichi de cet attachement. Et, de plus en plus, les défis de la mondialisation “nous dictent l’intérêt que nous avons à continuer à nous entendre, à multiplier les échanges, et à explorer des voies nouvelles de coopération”. Au-delà du commerce des marchandises, “nous avons su instaurer une coopération très étroite, fondée sur une compréhension et une confiance mutuelle. Nous avons toujours été sensibles à l’approche française des relations internationales, celle qui privilégie un rapport Nord-Sud, et qui prête une oreille attentive aux aspirations des États les plus vulnérables. Les Mauriciens sont redevables à cette France qui, dans les instances internationales, a toujours apportée un soutient indéfectible à leurs intérêts spécifiques”, a-t-il souligné. “1810 est une année charnière pour notre île. Quelques mois après cette victoire française, l’île Maurice allait connaître la colonisation britannique, pendant plus de 150 ans. La colonisation britannique entraînera des changements importants dans “notre peuplement et dans la structure de notre économie. Mais, grâce au traité de Paris, la langue et la culture françaises continueront à y être entretenues. Maurice continue à jouer un rôle important au sein de la Francophonie. “Nous sommes fiers d’être un des rares pays où l’usage de la langue française est en constante progression. Peu de temps après notre indépendance, le général de Gaulle avait tenu à recevoir le père de l’indépendance, sir Seewoosagur Ramgoolam, pour lui exprimer la volonté de la France de nous accompagner sur le chemin du développement. Une rencontre entre deux hommes, qui chacun à sa manière, partageaient un certain sens de l’histoire. Je caresse, pour ma part, l’ambition de continuer à inscrire l’histoire de mon pays dans l’œuvre commencée depuis l’indépendance”, a-t-il souligné. Parlant de la cérémonie officielle, Navin Ramgoolam devait ajouter que “la flamme de la Bataille de Grand-Port, que nous venons de raviver, continuera d’éclairer, pour longtemps encore, les contours de l’amitié franco-mauricienne. Pour faire les émules du général de Gaulle, qui affirma que la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas, je dis que le flambeau de l’amitié France-Maurice, comme celui de la résistance française, ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra jamais. Vive La France ! Vive Maurice”, a conclu le Premier ministre. ------------------------- CEREMONIE EMPREINTE D`EMOTION SUR LA TOMBE DU SOLDAT INCONNU À l’issue du tête-à-tête avec le président Sarkozy, le Premier ministre Navin Ramgoolam s’est rendu à l’Arc de triomphe pour la cérémonie protocolaire, empreinte d’émotions, de ravivage de la flamme. Étaient présents de nombreux invités, d’anciens combattants et différents corps d’armée. Après le dépôt de gerbes, le ravivage de la flamme a été suivi des hymnes nationaux français et mauricien et de l’hommage au Soldat inconnu. À noter la présence d’une cinquantaine de Mauriciens munis de drapeaux, en face du monument, venus aussi célébrer ce moment d’exception. Après la cérémonie, le PM a reçu ses nombreux invités pour une réception à l’hôtel des Invalides. Il a également été prié de signer le livre d’honneur des anciens combattants où il a écrit que ces lieux chargés d’histoire, de patriotisme et d’émotions rappellent, avant tout, que chaque homme fait partie intégrante de l’humanité. “Je conserverai en moi, et partagerai avec tout le peuple mauricien, au-delà d’un souvenir fort et impérissable, ce moment de recueillement devant cette flamme du Soldat inconnu qui nous rappelle la douleur, et qui dit aussi notre devoir d’espérance”. Le chef du gouvernement a, de plus, signifié son intention de se rendre à l’île de la Réunion, en visite officielle, en sa capacité de président de la Commission de l’océan Indien. En ce qui concerne Madagascar, Navin Ramgoolam a discuté de la nécessité de mettre en place un bureau de médiation, au sein du Southern African Development Council, dans la Grande île. La proposition a été favorablement accueillie par le président français. Dans une déclaration à la presse française, le chef du gouvernement a confirmé qu’Hervé Lassémillante fait partie de l’équipe de médiateurs de la SADC.