Le Matinal: Trop de syndicats peuvent nuire aux travailleurs Trop de syndicats peuvent nuire aux travailleurs ================================================================================ La Rédaction on Saturday 20th of February 2010 - 14:44:00 Le ministre du Travail, Jean-François Chaumière, a, lors de cette occasion, mis en exergue le travail abattu par les différents syndicats. En même temps, il les a appelés à s’unir comme le fait la Mauritius Employers’ Federation pour défendre les intérêts des employeurs sans qu’il y ait de divergence. Le ministre du Travail, Jean-François Chaumière, invité à parler sur le syndicalisme à Maurice a déclaré qu’un total de 102 901 travailleurs qui représentent 18 % de 554 800 personnes qui travaillent est syndiqué. Ils sont représentés par 338 syndicats. 18 % est un taux raisonnable comparativement à d’autres pays. “Pendant que le taux de syndicalisation dans le secteur public est de 54 %, il est choquant d’apprendre que seulement 11 % des travailleurs dans le secteur privé est syndiqué. Cependant, il est encore plus choquant lorsqu’on considère le nombre de syndicats qui représente cette force active. De 338 syndicats, nous avons 76 avec moins de 30 membres qui est en dessous de conditions pour qu’un syndicat puisse continuer à exister sous l’Employment Relations Act. Cela signifie que ces syndicats ont jusqu’au février 2011 à s’assurer qu’ils soient en conformité avec les nouvelles conditions en prenant les actions qui s’imposent. Au cas contraire, ils seront rayés de la liste officielle des syndicats par le Registrar of Associations. Il faut noter que sous l’ancienne loi, notamment l’IRA, uniquement sept travailleurs étaient nécessaires pour former un syndicat”, a-t-il fait ressortir. Jean-François Chaumière, a fait ressortir que 175 syndicats comptent moins de 100 membres et 100 syndicats regroupent entre 100 et 500 travailleurs. Et seulement 27 syndicats ont environ 500 à 1 000 membres tandis que 22 autres représentent entre 1 000 à 5 000 membres. Fait intéressant à noter : plus de 50 syndicats sont actifs dans le secteur éducatif seulement. Le président du Mauritius Labour Congress, Cassam Kurreeman a soutenu que les syndicats font face à divers problèmes et la principale cause serait les deux nouvelles lois du travail, l’Employment Rights Act et l’Employment Relations Act qui ont été longuement contestées par les syndicalistes. De son côté, le syndicaliste du NTUC, Toolsyraj Benydin a souligné que le mouvement syndical doit revoir sa stratégie pour se réinventer. Le président de ce syndicat fait ressortir que les syndicalistes doivent agir, savoir maintenir le statu quo là où il faut et mettre au placard les divergences qui peuvent surgir. “Il faut que nous unissions nos forces pour nous défendre et pour pouvoir relever les défis”, a souligné le syndicaliste du NTUC. Cependant, il devrait faire part de sa préoccupation quant au problème d’emploi contractuel qu’il faut réduire. L’unité, a déclaré Toolsyraj Benydin, permettra aux syndicats et aux salariés de combattre l’exclusion et la pauvreté et de promouvoir la bonne gouvernance. “Le monopole syndical n’est pas une bonne chose. Mais trop de syndicats nuit, il faut avoir le juste équilibre”, dit-il. Il a ajouté que la responsabilité des syndicalistes est de préparer la relève car beaucoup de jeunes ne s’intéressent pas au syndicalisme. Il demande aussi, qu’il y ait un programme de formation destiné aux syndicalistes pour éviter les divisions. Il parlera, par ailleurs, de la construction d’une Workers’ House qui aurait dû être construite à Ebène depuis longtemps pour que les syndicalistes puissent s’y réunir. Dan Cunniah n’a pas hésité de dire que Maurice est une exception au monde de par les différents syndicats qui existent dans le pays. Il demande qu’il y ait un seul esprit qui unisse les syndicalistes. Il a cité les principaux objectifs de l’ILO qui sont entre autres : soutenir les organisations des employés, encourager ces organisations à renforcer leur capacité, aider ces organisations à s’améliorer. Il a ajouté que les syndicalistes doivent pouvoir établir une relation entre les travailleurs et les employeurs. “Les syndicats doivent avoir le courage de défendre les travailleurs. C’est unique à Maurice qu’il y a tant de syndicats et de confédérations. Faisons-nous le travail d’un syndicaliste ?” se demande-t-il.