Le Matinal: “Il nous faut économiser entre Rs 7 et Rs 9 M par mois pour que la CNT devienne profitable” “Il nous faut économiser entre Rs 7 et Rs 9 M par mois pour que la CNT devienne profitable” ================================================================================ Jean-Denis Permal on Saturday 6th of February 2010 - 13:10:00 QUEL EST L`ETAT DE LA SITUATION A LA CORPORATION NATIONALE DE TRANSPORT (CNT) ? Tout le monde le sait. La situation financière de la CNT est assez difficile. Mais cela dit, nous avons pris des mesures pour redresser la situation. Les bons résultats commencent à tomber. Le chiffre d’affaires de la corporation s’améliore. Nous avons fait beaucoup d’efforts pour réduire nos dépenses et augmenter nos revenus. Nous insistons aussi sur un contrôle plus strict de nos dépenses liées à la consommation du diesel, à l’achat de pièces de rechange et au paiement des heures supplémentaires. Nous faisons aussi une utilisation optimale de nos autobus. Tout le monde contribue pour sortir la CNT de cette impasse financière. Le ministère de tutelle, le conseil d’administration et les travailleurs unissent leurs efforts pour sortir la CNT de cette situation. Le transport en commun est malheureusement une industrie où le coût d’opération continue à grimper. C’est pourquoi le gouvernement subventionne l’achat du diesel pour la CNT et pour les compagnies de transport public. L’Etat subventionne également le transport gratuit pour transporter les handicapés, personnes âgées et élèves. COMMENT SE PRESENTE LA SITUATION FINANCIERE DE LA CNT ? De janvier à décembre de l’année dernière, la CNT a enregistré un déficit budgétaire de Rs 74 millions. Nous avons enregistré pour l’année calendaire qui s’étend de juillet à décembre de la même année un déficit budgétaire de Rs 20 millions. Les mesures que nous avons prises commencent à porter leurs fruits. Nous allons redoubler nos efforts pour que la situation financière de la CNT ne soit plus dans le rouge. Qu’est-ce qui explique ce déficit budgétaire à la CNT ? La raison principale est le prix du carburant qui n’a pas cessé de flamber sur le plan mondial. C’est un facteur qui est en dehors de notre contrôle. Nous avons beaucoup souffert de cette situation car nous sommes le plus gros opérateur de transport en commun. Malgré cela, nous avons maintenu tous nos services. Nous avons continué à desservir des longs trajets comme Rivière-des-Galets-Port-Louis ou encore Souillac-Port-Louis. Nous avons assuré un service régulier dans les villages et les villes. Nous avons continué à desservir des lignes qui ne sont pas profitables afin d’aider à désenclaver des régions lointaines. Nous avons aussi été victime de la concurrence déloyale de la part des opérateurs illégaux. Cette situation est complexe. Le niveau de vie des Mauriciens s’est amélioré. Beaucoup de gens ont acheté des véhicules, ce qui entraîne du coup une congestion routière. Le nombre de trajets que nous accomplissons diminue automatiquement. Pour arriver à l’heure au bureau, certains passagers n’hésitent pas à voyager dans des vans privés illégalement. UNE BAISSE A-T-ELLE ETE ENREGISTREE DANS LE NOMBRE DE PASSAGERS QUE TRANSPORTE LA CNT ? Il y a effectivement eu une baisse dans le nombre de passagers. Cela se reflète sur nos revenus qui sont passés de Rs 72 millions à Rs 65 millions, soit une baisse de 15 % l’année dernière. CETTE SITUATION REMET-ELLE EN QUESTION LE PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT DE LA CORPORATION ? Cette situation nous empêche de poursuivre notre programme de renouvellement et l’entretien de notre flotte de véhicules dans les meilleures conditions. Nous sommes actuellement en négociation avec le gouvernement pour réajuster la subvention pour le transport gratuit et pour la consommation du diesel. Nous n’avons au fait pas le choix. Malgré une situation difficile, nous avons pris la décision de procéder à l’achat d’une soixantaine d’autobus neufs. Cela nous aidera à diminuer les dépenses liées à l’entretien et permettra de consommer moins de diesel. Nous avons déjà lancé les appels d’offres. Nous sommes en train d’examiner les offres. Ces autobus vont desservir principalement des régions lointaines comme Rivière-du-Rempart, Souillac, Rivière-des-Galets et Pointe Lascar. Nous allons aussi continuer à utiliser des autobus climatisés pour encourager les passagers à prendre nos services. Pour le moment, nous ne sommes pas en train d’envisager l’introduction de ce type de service dans les villages. Ce sera le cas lorsque la situation financière de la CNT s’améliorera. Nous disposons à ce jour d’une cinquantaine d’autobus climatisés. COMMENT SE PRESENTE LE PROJET D`UTILISER LA CARTE MAGNETIQUE A LA PLACE DU TICKET D`AUTOBUS ? Nous avons introduit ce type de paiement pour le trajet Port-Louis-Sodnac. Pour le moment, nous n’envisageons pas d’étendre ce service à travers tout le pays. Cette méthode de paiement n’est pas très populaire car elle limite le choix du passager. Il nous faut d’abord lancer une véritable campagne de marketing pour faire accepter ce mode de paiement qui est au fait une mesure pour lutter contre le vol et les agressions à l’encontre des receveurs d’autobus. Pour le moment, nos regards sont tournés vers l’avenir. Il s’agit d’abord de préserver l’emploi, diminuer les dépenses et donner plus de confort aux passagers. Nous envisageons plus tard d’introduire des caméras dans les autobus pour décourager les malfaiteurs d’agresser les receveurs d’autobus. Je dois dire que nous sommes en train de travailler en étroite collaboration avec la police pour diminuer le nombre d’agressions. Je dois admettre que le nombre d’agressions est en baisse actuellement. COMMENT SE PRESENTE LE PROJET D`INTRODUIRE DES "LOW FLOOR BUSES" ? Nous étudions toujours ce projet. Il est clair que ce type d’autobus donnera plus de confort aux passagers. Un comité a été mis sur pied au ministère des Infrastructures publiques et du transport pour étudier ce projet. Des ajustements devraient être faits aux bordures de routes pour permettre aux autobus de débarquer des passagers. Il y a également un autre type de “Low floor buses” que nous sommes en train d’étudier. Grâce à un procédé hydraulique, l’autobus peut ajuster sa hauteur au moment de débarquer les passagers. La mise en oeuvre de ce projet demande définitivement une étude approfondie compte tenu de la physionomie de nos routes. LES SYNDICATS RECLAMENT UNE HARMONISATION DES CONDITIONS DE SERVICES QUI PREVALENT A LA CORPORATION. ETES-VOUS EN FAVEUR DE CETTE DEMANDE ? C’est un dossier épineux. Il faut faire ressortir que la CNT a été créée en 1979 après la fermeture de Vacoas Transport. La CNT, qui est entrée en opération le 12 mars 1980, a embauché ses travailleurs. Leurs conditions de services sont régies par le National Remuneration Board (NRB). La CNT a par la suite continué à recruter des gens. Ceux recrutés par la corporation sont régis par le Pay Research Bureau (PRB). Il est difficile donc d’harmoniser les conditions de travail des employés. Difficile donc de trancher. Malgré une situation difficile, nous n’avons pas décidé de geler le programme de recrutement de la corporation. Nous faisons en tout cas une utilisation optimale de nos ressources humaines. Nos chauffeurs travaillent dans des bonnes conditions. Les nouveaux autobus sont équipés de transmission automatique, donc il y a moins de fatigue. QUAND LA CNT DEVIENDRA-T-ELLE PROFITABLE ? Nous avons fait nos calculs. Il nous faut réaliser des économies situant dans la fourchette de Rs 7 à Rs 9 millions par mois pour devenir profitable. C’est un objectif à court terme. Dans le long terme, il nous faut développer une stratégie pour combattre les opérateurs illégaux. Nous allons aussi étudier d’autres créneaux. Desservir les hôtels par exemple. Maurice vise actuellement deux millions de touristes par an. Je ne pense pas qu’il y aura suffisamment de véhicules attitrés et des taxis pour transporter les touristes. Nous songeons aussi à offrir nos services aux compagnies de construction qui doivent transporter des milliers de travailleurs pour les gros projets d’infrastructures. QUAND LE NOUVEAU QUARTIER GENERAL DE LA CNT SERA-T-IL PRET ? La construction de notre nouveau quartier général à Ebène est presque terminée. Le bâtiment sera de trois niveaux dans un premier temps. Il passera de sept à huit niveaux plus tard. Il faut d’abord améliorer notre situation financière pour entamer la deuxième étape du projet.