Le Matinal: Funérailles d’État pour James Burty David Funérailles d’État pour James Burty David ================================================================================ La Rédaction on Sunday 13th of December 2009 - 22:36:00 James Burty est le deuxième ministre qui meurt en fonction, après Gian Nath, ministre du Commerce sous le premier gouvernement de Navin Ramgoolam, en 1997. Ce lundi 14 décembre a été décrété jour de deuil national alors que les funérailles de James Burty David auront lieu mardi après-midi, après l’arrivée de ses deux enfants, Fabrice et Kristel, tous deux résidant en France. Fin sportif selon ses proches, James Burty David était surtout connu pour sa plume et sa verve, qui ne se sont jamais démenties tout au long de sa carrière. Passionné de langue française, le ministre a été l’auteur de nombreux ouvrages, dont des manuels destinés aux élèves du secondaire préparés par son épouse et lui-même, sur l’apprentissage du français. Il était détenteur d’un doctorat en lettres de l’université de Bordeaux et ‘Fellow’ de la ‘School of Preceptors’. Toute l’équipe du Matinal présente sa plus vive sympathie à Lilette, épouse de James Burty, et à ses deux enfants, Fabrice et Kristel. PORTRAIT D`UN COMBATTANT ROUGE VIF James Burty David était un enfant du Ward IV, ayant grandi avec des personnalités et des hommes les plus connus du pays : Rivaltz Quénette, Emmanuel Juste, Jean Georges Prosper, Edouard Maunick, Veerasamy Ringadoo, Finlay Salesse, entre autres. Après ses études secondaires, James Burty commence à travailler comme enseignant, d’abord du collège Eden de Rose-Hill, appartenant à la famille Balgobin où il deviendra par la suite proviseur, puis au collège Bhujoharry, alors même qu’il complétait des études universitaires le menant jusqu’au doctorat et au ‘School of Preceptors’ de Londres, un des rares Mauriciens à avoir pu s’inscrire dans cette prestigieuse institution. Il se joint très tôt au Parti travailliste, soit en 1964, et devient, à 30 ans, un des plus jeunes présidents du parti, animant en même temps le Labour et le journal The Nation aux côtés des grands tribuns de l’époque avant de maintenir vivaces les débats dans le journal Advance. Un des protégés du regretté Sir Kher Jagatsingh, James Burty a été de tous les combats depuis son adhésion au PTr. Depuis son élection en 1976, James Burty était, avec Paul Bérenger, un des plus anciens ‘Sitting Members’ de l’Assemblée nationale, sans parler de Kailash Purryag, de la même génération, qui détient depuis ces dernières années le poste de Speaker de l’Assemblée nationale. Connu tant pour sa verve que pour sa plume, James Burty David a animé plus d’un discours et d’un combat durant sa carrière de politicien, d’enseignant, de maitre d’école et d’écrivain. Il a su manier avec la même aisance la plume et la parole. D’ailleurs, ses “coups de gueule” tant au sein de l’hémicycle que sur les estrades publiques ont aidé à créer un personnage unique, attirant les foudres de ses adversaires, plus particulièrement le MMM, et les admirations des fervents partisans rouges vifs. James Burty ne lésinait pas quand il s’agissait de pourfendre ses adversaires politiques et défendait avec la même fougue ses proches, au sein du Labour, mais plus particulièrement les deux Ramgoolam, Seewoosagur et Navin. Par-dessus tout, James Burty était un grand sportif, pratiquant le karaté, parfois le dimanche avec ses proches amis. D’ailleurs, qui a oublié cette fameuse anecdote qui mettait aux prises un ancien rédacteur en chef et Finlay Salesse, ce dernier donnant rendez-vous à son adversaire au Jardin de la Compagnie, avec promesses de lui donner une correction. Au jour prévu, Finlay est arrivé avec son champion à ses côtés. En voyant arriver James Burty avec Finlay Salesse, l’ancien rédacteur en chef prit ses jambes à son cou. Cette histoire avait fait le tour de la capitale durant la grande période des chicaneries entre adversaires de Port-Louis. La coïncidence a voulu que le ministre James Burty David ait eu une dernière rencontre avec des électeurs musulmans dimanche matin. Lors de son intervention, il avait mis l’accent sur le fait que “personne mieux que Dieu ne connaît son destin”. Après avoir mis l’accent sur les bienfaits de toute religion, il a voulu faire comprendre que l’on peut être chrétien, musulman ou de n’importe quelle autre appartenance religieuse, c’est la foi que l’on a en soi qui détermine du cheminement d’une personne. LE DRAPEAU MAURICIEN EN BERNE Dans un communiqué émis peu après l’annonce du décès de James Burty David, dimanche, le Bureau du Premier ministre (PMO - Prime Minister’s Office) a décidé, comme le veut la coutume dans de telles circonstances, de mettre le quadricolore sur tous les bâtiments publics en berne pour toute la journée de lundi. Le drapeau restera en berne jusqu’au coucher du soleil le jour des funérailles du ministre des Administrations régionales, ce mardi. Le Prime Minister’s Office lance également un appel au secteur privé et à l’ensemble des acteurs économiques du pays pour mettre en berne le drapeau mauricien qui orne leurs différents bâtiments ce lundi et le jour des funérailles du ministre David. JEETAH : "C`EST UN GRAND FRERE QUI S`EN EST ALLE" Plusieurs membres du gouvernement ont animé un point de presse à l’hôpital Jeetoo peu après le décès du ministre James Burty David. Le ministre de la Santé Rajesh Jeetah a déclaré : “Nous tout sous ene choc terrible. Nous grand frère ministre David ine décédé. C’est ene grand perte”. Le docteur Mangar, du service des urgences de l’hôpital Jeetoo, a affirmé que le ministre James Burty David est arrivé aux urgences accompagné de son chauffeur. “Vers 17h45, nous l’avons examiné et il était inconscient. Il n’avait plus de pouls et sa pupille était dilatée. Malgré sa, nou comme médecin, nou ine essaye ressuscite li pendant 30 minutes. Nous ine déclare li mort vers les 18h30. Nu refer cas la PMOC pu fer ene l’autopsie”. Le ministre Arvin Boolell a, pour sa part, affirmé que c’est une grande perte pour la nation mauricienne. “Premier pensé c’est pou so madame et so bann zenfants. Tout bann minis qui la, le Premier ministre et le vice-Premier ministre ti en contact. Nous pou fer ene post mortem. C’est ene obligation. Apres sa kan li pu retourne so lakaz, pou ena funérailles national qui ine prévu pour le ministre David”, a-t-il souligné. LA MORT DE JAMES BURTY DAVID ENTRAINERA-T-ELLE DES PARTIELLES ? Alors que l’Assemblée nationale est appelée à siéger jusqu’au 5 juillet prochain, l’on se demande si le Premier ministre, Navin Ramgoolam, appellerait à une élection partielle dans les plus brefs délais pour le remplacement de James Burty David ou non. Dans les milieux politiques, à dimanche soir, on laissait entendre que l’ancien ministre David était le quatrième représentant de la circonscription No 1 et que sa disparition laisse encore le temps au Premier ministre de dissoudre l’Assemblée nationale en juillet et si les élections ne sauraient tarder, nul besoin de remplacer le défunt ministre. Le PM dispose des pouvoirs pour que le portefeuille des Administrations régionales soit confié à un autre ministre jusqu’aux prochaines élections. UNE FETE A BARKLY ANNULEE C’est alors qu’il participait à une activité organisée à l’occasion de la fête de Noël par l’église Notre-Dame de Lourdes que le maire des villes soeurs, Jean Daniel Emilien, a appris le décès de James Burty David. Il s’est alors rendu à la Résidence Barkly, où se tenait une fête culturelle organisée dans le sillage du Festival kreol pour tout annuler. Le maire s’est ensuite chargé de trouver des chaises de la mairie pour être installées à la résidence du ministre David, à Roches Brunes.