Le Matinal: Commission Justice & Vérité : quatre témoins entendus Commission Justice & Vérité : quatre témoins entendus ================================================================================ La Rédaction on Saturday 28th of November 2009 - 04:25:00 Jimmy Harmon a, pour sa part, indiqué que “les descendants d’esclaves n’ont bénéficié de l’éducation qu’après l’abolition de l’esclavage”. Le Negro Education Fund avait été mis en place pour eux après l’abolition de l’esclavage, mais il a disparu en 1842, seulement après quatre années d’existence, selon lui. “Si on tient compte de l’histoire, c’est en 1839 qu’ils ont réellement obtenu leur liberté”, a-t-il déclaré. Avec l’immigration indienne, “la situation a été différente”, selon lui. Les esclaves et les immigrants indiens ont fait face à des préjugés et des propos racistes dans le secteur éducatif. “Les deux ont un point commun : c’est le coup de fouet”. Il a souligné “qu’on ne peut pas mettre les esclaves et les immigrants indiens sur le même bord”. “Les Indiens ont eu le droit de construire leur temple sur le terrain des établissements sucriers tandis que les esclaves avaient été séparés de leurs familles. Si aujourd’hui ils n’ont pas réussi dans leur vie, c’est purement historique”, a-t-il dit. Selon lui, “même dans les livres du primaire, on montre que les gens, qui ont des cheveux ‘afro’, vont à la pêche et les autres vont travailler”. “Aujourd’hui, les écoles catholiques appartiennent à 50 % à l’Etat. Chaque année, elles reçoivent 6 000 demandes pour des admissions quand nous disposons seulement de 400 places”, a-t-il maintenu. Les autres élèves se retrouvent alors dans des collèges d’Etat et “ils ne ressentent pas cette appartenance”, selon lui. “Les 26 écoles ZEP appartiennent à l’Etat. Parmi les 29 lauréats de la cuvée 2008, seulement deux sont des créoles”. Il a parlé de son expérience personnelle. “J’ai quitté l’école en 1986 et j’avais fait une demande pour un travail. Mais on m’a seulement écrit pour me dire qu’on avait bien reçu ma lettre. En 2006, j’avais adressé une lettre au MIE pour pouvoir travailler comme lecturer mais on ne m’a même pas appelé pour un entretien. De ce fait, on voit que les gens qui appartiennent à la communauté ne reçoivent presque rien”, a-t-il dit. Pour Jimmy Harmon, on doit enseigner le créole dans les établissements primaires et secondaires. Jean Yves Violette, président de l’Union pour le progrès, a parlé sur l’esclavage devant la Commission. Pour lui, l’esclavage est un crime contre l’humanité qui ne l’avait jamais connu à cette ampleur auparavant, soit la sévérité de l’esclavage et de la traite négrière. Il a évoqué les séquelles de l’esclavage “qui a été instauré dans la structure de la société sous forme de racisme anti-noir”. Ce phénomène a laissé des séquelles psychologiques et structurelles car l’esclave n’était même pas considéré en tant qu’humain. Pour lui, l’aspect le plus important est qu’il y a 174 ans, soit de 5 à 6 générations, que l’esclave a été considéré comme un être humain avec des attributs, tels que la langue et la culture créoles. Et l’homme créole est né sur le sol mauricien ayant vécu les conditions douloureuses de l’esclavage. Jean Yves Violette a été appelé à déposer des documents à ce sujet. Il avance qu’il parlera des conséquences désastreuses que l’esclavage a eues sur l’ensemble du pays et sur sa culture.