Le Matinal: Journée de la biodiversité : une raison supplémentaire de célébrer Journée de la biodiversité : une raison supplémentaire de célébrer ================================================================================ La Rédaction on Wednesday 26th of May 2010 - 01:03:00 La contribution à un système de partage des avantages administré par le Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture (basé au siège de la FAO) a été annoncée la veille de la Journée internationale de la biodiversité, qui a été célébrée samedi et qui, cette année, avait pour thème “Biodiversité, développement et réduction de la pauvreté”. Cette contribution du gouvernement italien fait suite à un don de 2,2 millions de dollars octroyé par l’Espagne à la fin de l’année dernière et manifeste l’intérêt de nombreux pays méditerranéens à la conservation de la diversité des cultures vivrières. RICHESSE GENETIQUE DE LA MEDITERRANEE De nombreux aliments que nous consommons sont originaires de la Méditerranée - olives, avoine, artichauts, dattes - et l’Italie a préservé diverses variétés de légumes que l’on ne trouve que dans ce pays. “La Méditerranée possède encore un des plus riches patrimoines génétiques du monde pour l’alimentation, et l’Italie, où vous trouvez une variété de chou-fleur différente d’une région à l’autre, est d’un grand soutien à cet égard”, a indiqué Shakeel Bhatti, secrétaire du Traité. “Nous sommes particulièrement reconnaissants à l’Italie pour son don généreux et pour toute l’aide qu’elle nous a offerte.” Un volet essentiel du traité est un mécanisme de partage des avantages qui appuie des projets déployés dans les pays en développement. Par exemple en Egypte, un projet visant à conserver de rares variétés d’agrumes; ou au Maroc, un projet de conservation de variétés de blé résistantes au champignon de la rouille des tiges UG99. D’après certains scientifiques, l’UG99 pourrait dévaster plus de 80 % des emblavures mondiales à mesure qu’il se propage de l’Afrique subsaharienne. “La diversité phytogénétique est cruciale pour affronter les défis mondiaux de l’insécurité alimentaire et du changement climatique. Le soutien de l’Italie au Fonds de partage des avantages du traité encourage une base alimentaire durable et diversifiée de petits paysans du monde en développement”, a déclaré Shivaji Pandey, directeur de la division de la production végétale et de la protection des plantes. UN MILLION D`ECHANTILLONS Le traité a créé une banque de gènes mondiale comprenant 64 cultures vivrières qui constituent plus d’un million d’échantillons de ressources phytogénétiques connues. Le traité stipule qu’à chaque fois qu’un produit commercial résulte de l’utilisation de cette banque de gènes et que ce produit est breveté, 1,1 pour cent des ventes de ce produit doit être versé au Fonds de partage des bénéfices du traité. Parmi les autres pays ayant contribué au système de partage des avantages figurent la Norvège et la Suisse. L’initiative compte recueillir 10 millions de dollars cette année et a déjà investi dans 11 projets ciblés sur les petits agriculteurs des pays en développement. L’Italie a appuyé tous les aspects du traité international depuis sa création. En investissant dans le nouveau Fonds de partage des avantages, ce pays aborde directement et positivement la biodiversité et l’agro-biodiversité pour une gestion durable des zones rurales et des ressources naturelles. DIVERSITE GENETIQUE - Aucun pays n’est autosuffisant en matière de ressources phytogénétiques; tous dépendent de la diversité génétique de cultures d’autres régions. La coopération internationale et l’échange libre de ressources génétiques sont essentiels pour la sécurité alimentaire. - Le changement climatique a rendu cet enjeu d’autant plus pressant qu’il faut absolument préserver toutes les plantes cultivées au cours des millénaires et qui sont en mesure de résister à des hivers rigoureux ou à des étés torrides. - La biodiversité agricole, à la base même de notre production vivrière, est en forte régression du fait de la modernisation, de l’évolution des régimes alimentaires et de l’accroissement démographique. - Les trois quarts de la diversité génétique des plantes cultivées ont été perdus au cours du siècle dernier, et ce phénomène d’érosion génétique se poursuit. - Autrefois on avait 10 000 espèces cultivées. Aujourd’hui, 150 plantes seulement nourrissent la plus grande partie de l’humanité et 12 d’entre elles assurent 80 % des apports énergétiques d’origine végétale, dont près de 60 % pour le riz, le blé, le maïs et la pomme de terre. - De nombreuses variétés nouvelles et inexploitées poussent dans des zones inaccessibles des pays pauvres où elles sont cultivées par les petits paysans locaux sans avoir jamais été commercialisées.