Le Matinal: Le thé chinois, art millénaire... Le thé chinois, art millénaire... ================================================================================ Jenna Ramoo on Friday 3rd of June 2011 - 02:57:00 La culture théière s’est développée au fil des années, reflétant la sagesse et l’esprit serein du peuple chinois. Le thé est non seulement utilisé pour étancher la soif, mais aussi pour exprimer l’hospitalité et le respect. Dans la tradition chinoise, une tasse de thé rapproche les gens pour se faire des amis, indépendamment de leurs origines. Le thé varie, de par sa richesse et la complexité des palettes aromatiques. Les périodes de récolte, les terroirs et ses processus de fabrication influent aussi ses arômes. A LA DECOUVERTE DE LA CHINE Une conférence a été organisée par le centre culturel chinois, en collaboration avec la province de Wuyishan, de Chine, mardi à Bell-Village pour faire le tour de la culture du thé chinois. YE Can, spécialiste de thé, a animé la conférence. Elle a fait l’historique du thé avant de procéder à une démonstration de sa préparation, d’importance primordiale dans la culture chinoise. C’est le célèbre thé Mingyan Da Hong Pao, de la province de Wuyishan qui a été offert en dégustation. Les variétés de thés consommés et leurs modes de préparation changent selon les cultures. D’après la mythologie chinoise, Shen Nong, le père de l’agriculture et de la phytothérapie en Chine, en était le chef de file dans les temps anciens. L’ancien livre de médecine chinoise à base de plantes appelé ‘Shen Nong Herbal From Eastern Han Dynasty’ raconte que, convaincu de vertus thérapeutiques du thé, Shen Nong a pris 72 différentes plantes toxiques en une journée et a réussi à éliminer tout le poison dans son corps avec du thé. Le thé est une espèce de plante médicinale à poison clair, qui l’a aidé à digérer et rafraîchir son corps. Par conséquent, le thé est entré dans la vie humaine pour devenir une nécessité quotidienne importante. La légende veut que Shen Nong avait un ventre transparent, ce qui lui a permis, après avoir mangé des plantes, d’observer leurs réactions dans son estomac. Un jour, après avoir goûté des centaines de plantes, dont 90 % sont toxiques, il s’est senti assoiffé et épuisé, alors qu’il se reposait sous un arbre. Un brusque coup de vent a soufflé des feuilles qu’il a mises dans sa bouche et les a mâchées. Ayant un goût amer, le thé lui a apporté un effet instantané de rafraîchissement. Il en a cueilli et ramené des feuilles à la maison pour faire des recherches afin d’en savoir davantage. Il trouva que le thé, comme médicament, pouvait être bouilli ou mâché pour soulager la soif, rendre serein et guérir certaines maladies. Dans la dynastie des Shang et des Zhou, l’habitude de boire du thé est passée de génération en génération. La culture du thé a commencé sous la dynastie Tang et a prospéré dans la dynastie Song. 1 600 années auparavant, la dynastie des Tang a été une période faste pour les entreprises chinoises qui émergeaient. À cette époque, il y avait 43 comtés du Sud qui produisaient le thé. Cependant, le lieu de la culture du thé a été déterminé par la dynastie des Tang, à qui l’on doit également la technique de son affinement. Le bouddhisme a encouragé la consommation du thé dans la dynastie Tang. Les moines siégeaient toute une nuit sans nourriture et ne buvait que le thé afin de garder un esprit clair. Ce sont les temples qui ont incité les croyants à en boire afin de renforcer leur image dans la société. En raison de la finesse du thé zen, les chercheurs pouvaient poursuivre leurs théories et conceptions alambiquées quand ils ont bu du thé. Les poètes de la dynastie des Tang aimaient le thé et se plaisaient à le décrire. Li Bai, Du Fu, Lu Tong, Yuan Zhen, Liu Zongyuan et 100 autres poètes célèbres ont rédigé plus de 3 400 poèmes tous inspirés de la culture du thé. Ces documents sont précieux aux générations. Le livre de Lu Yu “The Book of Tea”, en l’an 780, a été le premier chef-d’œuvre à dépeindre l’influence profonde de la culture du thé sur le développement du pays. Ainsi, la diffusion, de la Chine vers le monde entier de la culture du thé a commencé sous la dynastie Tang. La Corée et le Japon ont été surtout influencés. Le raffinement dans l’art de boire du thé a atteint son apogée, en particulier, dans les milieux nobles. Le thé devient alors le lien synergique entre philosophie, religion, musique, médecine et culture traditionnelle. LE BRASSAGE DU THE La première étape consiste à choisir un conteneur convenable. Puis, il faut décider de la quantité de thé à être utilisée. Ensuite, contrôler le temps d’infusion. Tous ces éléments réunis, la couleur, le parfum et le goût seront déterminés suivant le mode opté. L’appareil et l’eau sont deux éléments importants dans le processus de brassage du thé. Pour faire du thé, il faut, dans un premier temps, identifier s’il est brut ou cuit. Normalement, le thé sans fermentation (ou oxydation) est appelé thé brut qui doit être brassé par un ‘appareil’ dur comme une tasse en verre. D’autre part, le thé fermenté ou oxydé est appelé thé cuit et doit être brassé dans des appareils doux comme la poterie ou la tasse de porcelaine rouge. Identifier l’eau est une autre étape intéressante. Il faut connaître la température de l’eau qui bout. Le thé vert nécessite une eau à 80 degrés car la feuille est très tendre, afin de ne pas être embarrassé par le goût qui s’altère par une haute température. Pour les Chinois, la préparation et le service du thé sont très importants car ils reflètent les règles absolues de la bienséance : il faut rendre hommage à celui qui a cultivé ce thé. Associé à la poésie, en Chine, les enfants fréquentent des écoles de thé où ils apprennent l’art d’en faire et servir. Tandis que les grands se retrouvent presque tous les jours dans les maisons de thé pour rencontrer les amis autour d’une tasse de thé. Des foires de thé sont d’ailleurs organisées, où s’y rendent chaque année les investisseurs étrangers et connoisseurs de la culture du thé.