Le Matinal: Sada Curpen se retrouve accusé de complicité dans le meurtre de Denis Fine Sada Curpen se retrouve accusé de complicité dans le meurtre de Denis Fine ================================================================================ Yassine Carrim on Tuesday 9th of March 2010 - 07:55:00 Traduit devant la cour de Pamplemousses lundi après-midi, le suspect a été inculpé sous une charge provisoire de complot dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Denis Fine. Si aucune charge de blanchiment d’argent n’a été retenue contre lui, par contre il devra s’expliquer sur la provenance de l’argent en sa possession. L’homme de loi du suspect, Me Shakeel Mohamed, a présenté une motion demandant sa remise en liberté, mais la MCIT y a objecté, en arguant que l’enquête sur la mort de Denis Fine n’est pas bouclée. Après avoir écouté les deux parties, la magistrate Maryse Panglose-Cala fera connaître sa décision le 15 mars. En attendant, Sada Curpen a été reconduit en cellule policière. Son avocat devait dire qu’“il n’y a aucune preuve indirecte ou directe pouvant incriminer mon client. Même les suspects Saramandiff et Milate ti-rouge arrêtés dans cette affaire ne l’ont jamais impliqué”. Il a ajouté que Sada Curpen doit être relâché sans fournir aucune caution. SADA CURPEN INTERROGE AUX CASERNES CENTRALES C’est vers 23h10, dimanche, que Sada Curpen s’est fait arrêter au comptoir de l’Immigration, à l’aéroport international Sir Seewoosagur Ramgoolam, alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour la France. En fouillant ses bagages, les limiers de l’Anti Drug & Smuggling Unit (Adsu) de l’aéroport ont découvert une somme d’environ Rs 1,6 million. C’est sur la base des derniers développements survenus dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Denis Fine que la police a pris une décision rapide concernant son arrestation. Le suspect a été appréhendé, sur ordre du commissaire de police, par des membres de la Major Crime Investigation Team (MCIT) sous la supervision du surintendant Yousouf Soopun, et une objection de quitter le territoire mauricien a été logée contre lui. Cependant, ce n’est que ce mardi qu’il sera interrogé aux Casernes centrales. Le nom de Sada Curpen aurait été cité dans ce meurtre par nul autre qu’un de ses proches, selon nos informations recueillis auprès des enquêteurs. Lors de son interrogatoire, ce témoin aurait déclaré à la police que la victime (Denis Fine) lui avait confié que le suspect (Sada Curpen) aurait demandé à un groupe dont fait partie Jacques Francisco Pierre d’agresser la victime. La soudaine envie de Sada Curpen de quitter Maurice, trois semaines après sa libération par la justice, a éveillé encore plus les soupçons des enquêteurs. Ces derniers n’avaient pu empêcher Sivom Paupiah, principal suspect dans cette affaire, de quitter Maurice pour l’Hexagone, et ils ne voulaient pas d’une nouvelle version avec Sada Curpen. Concernant l’argent retrouvé en possession de l’accusé, la police pense qu’il représenterait les recettes provenant de la revente du Subutex. Entre-temps, les enquêteurs ont fait une perquisition au domicile du suspect lundi, mais rien de compromettant n’a été trouvé. Les limiers pensent sérieusement éplucher les comptes bancaires de Sada Curpen, à partir du 11 février, date de sa libération, jusqu’à son arrestation dimanche, en vue de savoir s’il y a eu des transactions douteuses qui expliqueraient le pactole qu’il transportait. Néanmoins, cet exercice ne pourra se faire qu’après qu’une décision a été prise, émanant de hauts lieux aux Casernes centrales. Selon nos renseignements, l’Anti Drug & Smuggling Unit a aussi saisi une carte bancaire au nom d’une femme dans les bagages de l’accusé. La police tente de comprendre le lien qui unit celle-ci et Sada Curpen. Et il se pourrait bien que cette femme soit interpellée, si jamais elle est à Maurice. C’est le dimanche 3 janvier dernier, vers 23 heures, que Denis Jean-Noël Fine fut mortellement atteint d’une balle en pleine tête, dans son bungalow à MaisonBlanche, Pamplemousses, alors qu’il réunissait quelques invités pour fêter le Nouvel an. La police a tout de suite penchée pour un règlement de comptes, car la victime avait auparavant dénoncé ses complices dans une affaire liée à un trafic de drogue. Plusieurs suspects seront appréhendés dans les jours suivants le meurtre, mais seulement deux sont toujours incarcérés, à savoir Jacques Francisco Pierre et Alain Saramandiff.