Le Matinal: Surprenante fragilité de l’échafaudage Surprenante fragilité de l’échafaudage ================================================================================ Le Matinal News Service on Monday 14th of September 2009 - 16:06:00 Selon le Divisional Commander des Fire Services D. Ayacouty, les pompiers ont pris du temps pour venir en aide au blessé vu que la structure menaçait de s’écrouler à tout moment. Qui plus est, ils ont dû localiser le blessé et s’assurait qu’il se portait bien. “Puis nou monte 1’opération pou trouv ene passage pou donne le blessé les premiers soins. Apré, nou bizin fair ene ouverture pou kapav tire li.” Neuf ouvriers affectés à des travaux de construction au bâtiment Nexteracom (près du supermarché Ebène Way), ont frôlé la catastrophe lundi matin, lorsqu’un échafaudage s’est effondré du huitème étage pour s’écraser sur eux. Pompiers, policiers et volontaires ont eu fort à faire pour les retirer des décombres. C’est au bout de cinq longues heures que les sauveteurs ont pu retirer le 9e blessé, Jean Marc Lamarque, 33 ans, qui était resté coincé sous un amas de ferraille et de bois. Huit des blessés ont été admis en traitement à l’hôpital Victoria, à Candos. L’un d’eux a pu rentrer chez lui après avoir reçu des soins. Une enquête a été ouverte. ------------------------- Jean Marc Lamarque sauvé après cinq heures sous les débris à Ebène C’est vers 7h30, alors qu‘une poignée d‘ouvriers étaient déjà au poste et certains se trouvaient même à la hauteur du huitième étage pour crépir le bâtiment, quand soudain, selon quelques témoins, il y a eu un bruit assourdissant. C‘est alors que les travailleurs dans les alentours se sont accourus pour voir ce qui s‘est passé. Arrivés sur le site, ils ont assisté à une scène d‘horreur. Près de la moitié d‘une façade sur qui reposait l‘échafaudage s’était effondré, alors que l’autre partie menaçait de céder à tout moment. Selon Anil Sungum, un des premiers à arriver sur le lieu, “ti ena environ 5 à 6 dimoune ki ti lor echafaudage, et ti ena quelques-uns ki ti enbas “. Malgré la menace de l’écroulement de l‘autre partie de l‘armature, des ouvriers se sont portés volontaires et ont bravé le danger pour porter les premiers soins aux accidentés. “Nou reussi tire trois dimoune dan vitesse”, raconte A.Sungum. Entre-temps, la police, les pompiers et l‘ambulance du SAMU sont arrivés sur le lieu. Très vite, les trois blessés ont été transportés au Princess Margaret Orthopaedic Centre. Quatre autres blessés pris dans les décombres ont été sauvés et pris en charge par les médecins. A 10 heures, Rex Géraldo et Jean Marc Lamarque étaient les seules victimes toujours coincées sous l’amas de ferraille. L‘arrivée des pompiers spécialisés dans les opérations de sauvetage et des membres d‘une équipe de la Vertical World Access & Rescue est venue donner une bouffée d’oxygène à l‘opération. Avec leurs appareils dernier cri, aidés de la police, ils ont réussi à retirer Rex Géraldo. Cependant, Jean Marc Lamarque était toujours coincé car il se trouvait dans une excavation et ne pouvait bouger. D’autre part, la police ne voulait pas bousculer les étapes pour arriver jusqu’à la victime du fait qu‘il fallait déplacer une partie de l‘échafaudage. Mais le risque que l‘autre partie ne s‘écroule demeurait. C‘est alors que les principaux protagonistes ont organisé un briefing à midi. Ils ont avant tout décidé de sécuriser la zone où se trouvait le 9e blessé et d‘enlever des débris encombrants sans pour autant mettre en danger la vie des secouristes. Ces derniers ont aperçu Jean Marc Lamarque, coincé entre deux barres de fer. Il était allongé sur le ventre. La compagnie Padco, l‘entrepreneur du bâtiment, a dû faire appel à une grue géante pour soulever l’amas de ferraille et stabiliser l‘échafaudage. Après ces travaux de déblaiement, les sauveteurs ont dégagé un passage menant au blessé. Entretemps, un sauveteur du Samu est parti à sa rencontre. Il devait confirmer que Jean Marc Lamarque, quoique sonné, pouvait communiquer. C‘est vers 13h30 que le calvaire du dernier rescapé a pris fin, après de longues heures d‘attente. Il a été transporté au PMOC à bord d‘une ambulance du Samu. Il est hors de danger. ------------------------- Tout un travail d’équipe pour secourir les blessés Alain Hao Thyn Voon, directeur de Padco, a confirmé que c’est bien sa société qui est responsable du site de construction. Il a déclaré qu’il y a eu neuf blessés lors de l’accident mais que tous sont hors de danger. Interrogé sur les circonstances qui ont pu mener à l’effondrement de l’échafaudage et le manque de sécurité sur le site, il s’est contenté de dire que l‘enquête est en cours. Le DCP Nobin, qui a coordonné toute l’opération, a exprimé sa satisfaction du comportement des differentes unités de la police qui étaient présentes sur les lieux. Il a expliqué que le sauvetage de Jean-Marc Lamarque a pris du temps car les “pompiers in bizin coupe ferraille et déblaye le passage”. Après le départ du dernier blessé à l’hôpital, a-t-il dit au Matinal, la SMF et le contracteur ont travaillé de concert pour déblayer les amas de ferraille. Il a conclu en affirmant que “lenket pe continuer et pou bizin koné couma sa essafaudage la finn effondré“. A noter que c’est la police de Rose-Hill qui est chargée de l’enquête. Le “Divisional Commander“ du service des pompes, D.Ayacouty, a pour sa part déclaré que ‘‘c’est parce que la structure menaçait de s‘effondrer que les pompiers ont pris du temps pour venir en aide aux blessés“. Il a souligné que les pompiers ont dû localiser Jean-Marc Lamarque et s’assurer qu’il se portait bien. “Puis nou monte 1 opération pou trouv 1 passage pou donne le blessé le premier soin. Apré, nou bizin fair 1 ouverture pou kapav tire li“. Pour sa part, Krish Hurdowar du Vertical World Access & Rescue, a souligné que dès qu’ils ont reçu un appel, ils se sont précipités sur les lieux de l’accident, abandonnant ainsi leur travaux sur d’autres chantiers. Ces sauveteurs professionnels ont travaillé en étroite collaboration avec la police et les pompiers. “Ena moment pompier ti p take over et puis ena fois c’était nou“, a-t-il affirmé. Concernant des propos malveillants que certains auraient tenu sur le lieu, il devait souligner “qu’a Maurice, ena dimoune pa fair secouriste confiance. Quand ena boucou tapaz, nou pa kapav concentré“. Il a ajouté que si Lamarque n’avait pas reçu des soins médicaux, il aurait pu subir un arrêt cardiaque“. ------------------------- Témoins oculaires Selon Gles, témoin oculaire de l’accident, le travail sur le chantier débute aux alentours de 7 heures. Tout s’est déroulé normalement jusqu’aux alentours de 7h30, lorsque l’échafaudage a cédé, alors que quelques ouvriers se trouvaient dessus. “Dimune la ine tombé line dir li gayn dimal lor so zepol et so latete”, a confié cet ouvrier qui vient de Mumbai. L’échafaudage aurait cédé sur le flanc du bâtiment. Beaucoup de gens s’intéressent aux méthodes d’opérations sur les chantiers. Pour un ingénieur en génie civile, qui était sur le chantier où s’est produit l’accident, il aurait dû y avoir deux Safety Officers sur le site pour assurer la sécurité des ouvriers. “C’est le rôle des Safety Officers de veiller à ce que les ouvriers opèrent selon les normes et respectent les mesures de sécurité. Cependant, il n’y avait aucun au moment du drame.” Les travailleurs blessés étaient mal équipés. Ils ne portaient pas le type de chaussures qu’ils auraient dû porter. ------------------------- Devoir d'être présents Deux membres du gouvernement, nommément le ministre de la Santé Rajesh Jeetah et le ministre de la Technologie de l’informatique Asraf Dullul, qui représentait le ministre Jean-François Chaumière à Rodrigues, se sont rendus sur les lieux de l’accident lundi. Asraf Dullul a exprimé sa tristesse lorsqu’il a appris la nouvelle. “Je me suis renseigné sur l’accident et j’ai appris qu’il y avait sept personnes blessées et que deux d’entre elles étaient restées coincées sous les débris”. Il a dit qu’il s’est fait un devoir d’être présent sur le lieu “en tant que ministre responsable du BPML. Il faut que la sécurité des travailleurs soit assurée sur les sites de construction. J’espère de tout coeur que les blessés retrouveront une bonne santé”. Une enquête sera ouverte. ------------------------- SMF, SAMU et secouristes Forte présence des différentes unités de police sur le lieu de l’accident. Une manoeuvre d‘envergure a été mise en place pour coordonner les opérations des unités sur le lieu. Les sapeurs pompiers, le Samu, les ambulances de la clinique Apollo Bramwell, la SMF et des volontaires font de leur mieux pour sauver les blessés piégés sous les décombres. En attendant l’arrivée des ambulances et des sapeurs pompiers, les ouvriers qui se trouvaient sur le site de construction sont intervenus. Ils ont enlevé autant de débris qu’ils pouvaient. Puis, la Special Mobile Force, la Fire Rescue Team et le Vertical World Access & Rescue se sont joints aux différentes divisions.