Le Matinal: Vedprakash Seewoolall, lauréat issu d’une famille modeste Vedprakash Seewoolall, lauréat issu d’une famille modeste ================================================================================ Priyanta Bulluck on Monday 15th of February 2010 - 00:55:00 Cette performance est d’autant plus à saluer car un simple coup d’œil sur la liste des lauréats de cette année et des années précédentes, permettait de constater que la majorité d’entre eux sont issus de familles aisées ayant baigné dans un environnement favorisant les études. Le parcours du jeune Vedprakash prouve que l’on peut se frayer un chemin. Ces parents ont eu un rôle essentiel dans la réussite de leur fils. En effet, même si son père, Satdeabruth Seewoolall est un simple chauffeur de taxi et sa mère Vimla Devi, salariée dans un hôtel, pour eux, l’éducation reste une priorité et un moyen de réussir dans la vie. Ils ont tout misé sur l’éducation de leurs trois enfants. Le Matinal a ainsi rencontré Satdeabruth pour en savoir plus sur lui, pour connaître ses rêves mais surtout pour découvrir le secret qui se cache derrière la réussite d’un lauréat. Sa maison, très modeste, est située dans une petite rue de Plaine-des-Papayes. Dès notre arrivée, nous avons été accueillis avec beaucoup de chaleur. Vedprakash Seewoolall, cadet de la famille, a une sœur aînée étudiante en première année en informatique à université de Technologie et un petit frère en Form 4 au collège Cosmopolitan, à Plaine-des-Papayes. Le lauréat nous explique qu’il était auparavant à l’école Adolphe de Plevitz SSS, et ce n’est qu’en Lower six qu’il a intégré le RCPL car la plupart de ses amis avaient rejoint ce collège. S’il s’est dit très heureux de ses résultats, il indique qu’il était confiant d’être parmi les meilleurs. Son rêve : aller étudier soit en Chine, soit en Malaisie pour devenir médecin. Il a choisi ces pays car la bourse de Rs 600 000 octroyée par l’Etat mauricien couvrira aisément les frais et ce contrairement aux pays européens, où les coûts des études supérieures sont beaucoup plus élevés surtout en médecine. Il ajoute que cette bourse est une bénédiction de Dieu.nCar sans celle-ci, il aurait été contraint de souscrire un prêt bancaire pour financer ses études et donc endetter davantage sa famille. Devenir médecin est pour lui un moyen d’aider la société et mais aussi de gravir les échelons de la société pour atteindre un autre statut social. Dévoilant son secret pour devenir lauréat, Vedprakash nous sourit et explique avec modestie qu’il faut simplement travailler dur, persévérer et avoir confiance en soi. Il souligne que le soutien de la famille et la foi sont indispensables. Mais, il ajoute qu’il faut aussi un brin de chance. Quant à sa famille, s’ils avouent que c’est une grande première. Ils confient que leur fils a toujours été quelqu’un d’obéissant, patient, très studieux et travailleur. Vimla Devi ajoute que lorsqu’elle retournait tard du travail, elle apercevait son fils en train d’étudier. Commentant son passage au collège Royal de Port-Louis, Vedprakash explique que cela a été une très bonne expérience. Cette école l’a, en effet, très bien accueilli et il y régnait une saine compétition. S’exprimant sur les réformes éducatives et en particulier sur l’abolition du système des lauréats décidée par le ministère de l’Education, le lauréat est contre cette idée. Selon Vedprakash, ce système récompense les plus méritants et ceux qui ont travaillé dur. Mais surtout, il permet à ceux issus de milieux modestes d’entamer des études supérieures à l’étranger. S’agissant de l’introduction de la langue créole comme médium d’enseignement, il estime que c’est une mauvaise idée. Et il faudrait au contraire davantage promouvoir l’anglais et le français qui sont plus utilisés dans les milieux professionnels. Et contrairement aux idées reçues, cet adolescent n’est pas constamment focalisé sur ses études, il est en fait comme tous les autres. Vedprakash voue une véritable passion pour la peinture. Et durant ses temps libres, il peint et fait du sport car c’est pour lui un moyen de se relaxer. D’ailleurs, il nous confie qu’il court tous les matins, car c’est un moyen pour lui d’avoir un esprit sain dans un corps sain.