Le Matinal: PME : temps pour Maurice d’investir dans le capital humain PME : temps pour Maurice d’investir dans le capital humain ================================================================================ Jean-Denis Permal on Monday 8th of February 2010 - 04:15:00 Financé par l'Agence Française du Développement, cette étude identifie les faiblesses des PMEs et les diverses avenues d'intervention sur lesquelles les chefs d'entreprises et les responsables de divers départements du gouvernement devraient se pencher pour qu'elles deviennent plus compétitives à l'avenir. Ce plan démontre que la comparaison du coût de production des produits fabriqués localement et celui de la main-d’oeuvre ne sont plus des facteurs sur lesquels il faut miser pour faire du marketing. Il faudra songer à faire du business autrement. Le consultant a identifié un certain nombre de facteurs qui empêchent les entreprises de passer à la vitesse supérieure. Parmi, on compte une baisse de la productivité, des contraintes financières et le manque d’innovation. Cette situation pourrait devenir dangereuse avec l’émergence des entreprises qui produisent des articles à moindre coût, la promotion du concept de Duty-free Island, la hausse du coût énergétique, la crise financière mondiale, entre autres. L’un des atouts qui favorise le développement des PME à Maurice demeure la stabilité politique. Le partenariat secteur privé et public et la culture de l’entreprenariat favorisent le développement des PME. Mais il faudra accorder une attention particulière à la main-d’œuvre active. Maurice dans les années 80 a misé sur la main-d’œuvre à bon marché pour attirer les investisseurs. Ce temps est révolu. Il est temps maintenant d’investir dans le capital human. Les salariés devraient être considérés comme des avoirs des entreprises. La nécessité d’investir dans la formation professionnelle est une nécessité si on compare Maurice avec l’Afrique du Sud, la Thaïlande et la Malaisie. “Expenditure in tertiary education in Mauritius, which is 12 % of total education expenditure, compared to South Africa 16 %, Thailand 20 %, and Malaysia 35%, should also be increased”, note le plan stratégique. Le consultant écrit que le Draft Education and Human Resource strategy Plan 2008-2009 a proposé une série de mesures pour que Maurice puisse devenir compétitif et produire des articles de qualité. Il faut que Maurice s’inspire de Singapour qui a développé une main-d’œuvre qualifiée pour attirer le Foreign Direct Investment (FDI) dans des industries de haute technologie. Pour avancer dans le secteur de la haute technologique, cela risque de causer de problème en raison d’un manque de main-d’œuvre hautement qualifié. “The industry and SME Strategy should, like Singapore, ensure that FDI flows and operation of existing enterprises are not constrained by shortage of human capital in terms of the necessary skills”, fait remarquer le plan stratégique. Il propose ainsi une formation à long terme pour améliorer la qualité des produits et ses services. Une plus grande participation du secteur privé dans la consolidation du National Training Fund est ainsi une nécessité. Le plan stratégique propose ainsi à ce que 40 % de la main-d’œuvre active du pays suive des cours élémentaires en matière de l’entreprenariat en 2015 et 75 % en 2020. Il faut conditionner la main-d’œuvre active pour travailler sept sur sept pour pouvoir assurer la transition vers une économie nouvellement industrialisée. “Overall the labour force in Mauritius should develop a mindset attuned to work round the clock which is an imperative for an economy that aspires to transit to a newly industrialised and modern economy. In this context, the plan makes specific recommendation for 24/7 work culture”, note le plan. Les patrons d’entreprises devraient également songer à appliquer le concept du travail décent pour améliorer la productivité. L’emploi ne doit plus être considéré comme un coût à l’entreprise mais comme un avoir. “A worker is now considered as a valuable asset to the entreprise rather a cost”, fait remarquer le rédacteur du rapport. Cette approche a favorisé une juste balance entre la carrière professionnelle et la vie familiale. Les entreprises doivent améliorer la qualité de la vie de leurs salariés à travers l’utilisation des méthodes de travail innovatrices tels que la flexibilité, un changement de l’horaire du travail ou encore la compression des heures de travail. Le plan suggère que les PME se lancent dans la production des produits halal et les encouragent à utiliser la biomasse pour réduire la dépendance sur les sources énergétiques traditionnelles. Il invite les investisseurs à lancer des entreprises de bio-technologie et de transformer Maurice en air transport hub entre l’Asie et l’Afrique et développer des entreprises de recyclage. Le plan stratégique propose que les chercheurs de l’Université de Maurice se mettre de la partie. Le rôle du National Productivity and Competiveness Council (NPCC) devrait aussi être revu. Le rédacteur du rapport affirme que le rôle de cet organisme est de promouvoir la culture de la productivité. Il serait ainsi plus approprié que ce département soit placé sous la tutelle d’un ministère pour que le NPCC soit dans une meilleure position pour développer le secteur manufacturier et favoriser la productivité et la compétitivité nationale. Pour le besoin institutionnel, le plan propose la mise sur pied d’une série d’organisme dont un Observatoire de l’industrie et la mise sur pied d’un Industrial Advisory Council. L’accès aux finances est un autre sujet traité par le plan stratégique. Le manque de financement et les difficultés à trouver le financement a pendant longtemps affecté la croissance des PMEs. Il propose ainsi une série de mesures. Le rôle de la Banque de Développement de Maurice (BDM) demande à être revu. A l’heure actuelle, la BDM se concentre uniquement sur les entreprises dont le chiffre d’affaires est de moins de Rs 15 millions. Un comité de haut niveau travaille sur la possibilité d’augmenter ce plafond. Le plan affirme que des efforts doivent être faits pour réduire les tarifs de l’électricité et de l’eau fournie aux entreprises. Selon l’étude, Maurice sera placé dernier après la Turquie, considéré comme un pays où le coût des utilités est le plus cher au monde. “There is need to bring down cost of energy as a strategy to remain competitive in the global market place”, conclut le rapport.