Le Matinal: Sithanen juge irresponsable un retour aux tripartites Sithanen juge irresponsable un retour aux tripartites ================================================================================ Debesh Beedasy on Tuesday 10th of November 2009 - 15:56:00 Il répondait à la Private Notice Question du leader de l’opposition Paul Bérenger. Le ministre des Finances est d’avis que les tripartites n’ont jamais fait leurs preuves et n’ont guère contribué à la croissance économique du pays. “Au sujet du mécanisme de compensation salariale, il serait irresponsable de retourner au système tripartite, qui n’a pas fait ses preuves. Dans le système actuel, le National Pay Council (NPC) prend également en considération les droits des chômeurs. Au cas où certains l’auraient oublié, les chômeurs ont également le droit fondamental à un travail décent. Nous devons créer des emplois et retourner à une forte croissance comme seul moyen de soutenir une augmentation du pouvoir d’achat pour tous les ouvriers et amener les chômeurs de nouveau à l’emploi productif “, a dit le ministre. “ Malgré la situation économique extrêmement difficile dont nous avons hérité en 2005 et la crise internationale à laquelle nous avons dû faire face, nous avons fait beaucoup pour protéger et améliorer le pouvoir d’achat. Nous avons présenté beaucoup de politiques pour préserver et augmenter le pouvoir d’achat. L’impact global de nos politiques a été non seulement une préservation du pouvoir d’achat mais en fait nous avons vu une augmentation de celui-ci. De 2005 à 2009, les revenus ont en moyenne augmenté plus rapidement que l’inflation. Les salaires moyens ont augmenté de 39,6 % tandis que l’inflation était à 28,8 % “, a soutenu Rama Sithanen. “ Le PIB par habitant a augmenté de plus de moitié depuis 2005 pour atteindre presque USD 7 000. Au cours de la même période, la consommation par habitant a augmenté de 54 %. Nous avons offert le transport gratuit aux personnes âgées et aux étudiants. Nous avons augmenté la subvention sur la farine de Rs 400 millions à Rs 700 millions, soit une hausse de 75 %. Nous avons doublé la subvention sur le gaz ménager de Rs 300 millions à Rs 600 millions. Nous avons élargi l’aide financière et alimentaire à plus de 100 000 citoyens. Nous avons augmenté le revenu net grâce à une refonte de l’impôt sur le revenu. Nous avons présenté un taux forfaitaire de seulement 15 % pour remplacer le taux supérieur de 30 %”, a-t-il rappelé. “D’ailleurs, des seuils de revenus élevés ont été automatiquement accordés à tous les contribuables. En conséquence, le pouvoir d’achat a augmenté sensiblement en éliminant plus de 36 600 sur 72 000 contribuables de la fourchette imposable et en réduisant les paiements d’impôts de la plupart des autres contribuables. En effet, seulement 7 % des salariés payent maintenant l’impôt sur le revenu. En fait, nous avons un des taux d’imposition fiscale les plus bas au monde. Nous avons amélioré le pouvoir d’achat des personnes âgées en reconstituant les pensions de retraite de base à tous ceux qui atteignent l’âge de 60 ans. Nous avons montré de la compassion envers ceux qui sont plus dans le besoin”, a-t-il ajouté. “L’aide sociale et d’autres composants de notre filet de protection sociale ont été ajustés pour offrir une compensation pour préserver, voire augmenter le pouvoir d’achat. Le paiement intégral du PRB a amélioré le pouvoir d’achat d’environ 106 000 salaries du secteur public et leurs familles en ont, à leur tour, bénéficié. La pratique établie a toujours été d’offrir une compensation basée sur l’inflation de l’année précédente tout en prenant en considération d’autres facteurs, dont la productivité et la capacité de payer des employeurs. Une compensation salariale a été attribuée par le NPC pour compenser la perte du pouvoir d’achat en fonction du taux d’inflation en cours durant l’exercice financier 2008/09. Cette compensation est en vigueur jusqu’au 30 juin 2010”, a expliqué le Grand argentier. PAS DE COMPENSATION SALARIALE AVANT LE 1ER JUILLET 2010 “Par conséquent, la prochaine compensation sera due au 1er juillet 2010. Normalement, le NPC devrait se réunir en mai 2010 pour déterminer la compensation pour les 12 mois compris entre le 1er juillet 2009 et le 30 juin 2010. Cette compensation sera effective à partir du 1er juillet 2010. Il n’y a aucune raison de modifier la date du paiement de la compensation. En fait, il y a une situation semblable concernant les augmentations de salaire des salariés publics. C’est clairement un sujet politique pour déterminer si des changements sont souhaitables dans ce secteur. D’ailleurs, un changement dans le système n’est pas direct et plusieurs problèmes techniques doivent être abordés. Si la compensation doit être décalée de la période 1er juillet-30 juin au 1er janvier-31 décembre, il devra y avoir une transition avec une compensation pendant une période de six mois. L’inflation pour cette période peut être calculée sur les six mois du 1er juillet 2009 au 31 décembre 2009”, a souligné Rama Sithanen. Le ministre des Finances a aussi abordé le sujet préoccupant de l’emploi. “Alors que l’économie s’accroît et que des emplois sont créés, la demande sur le marché du travail permettra aux demandeurs d’augmenter leurs capacités de négociation pour une augmentation soutenue de leur pouvoir d’achat et de leur niveau de vie sans alimenter l’inflation. “Cette approche est compatible avec le conseil obtenu par le précédent gouvernement du professeur Lim, un expert dépêché pour donner son avis sur le salaire, qui avait déterminé que le système en cours à l’époque est un cercle vicieux : “pay chasing prices chasing pay”. Nous voulons des augmentations durables du pouvoir d’achat et non une illusion de meilleurs salaires qui seront vite engloutis par des prix plus élevés”, a affirmé Rama Sithanen. “Dans le nouveau système de compensation salariale sous la tutelle du NPC, des salariés peuvent s’attendre à des augmentations de salaire qui relèveront leur niveau de vie. En effet, ce système permet une flexibilité qui garantit des bénéfices pour l’ouvrier dès lors que le secteur dans lequel il évolue enregistre des profits. Le processus a porté ses fruits, avec le niveau du chômage reculant pour la première fois depuis 1991 et avec une création constante d’emplois en dépit de la crise internationale. En effet, nous devons comparer la situation dans le pays, où nos politiques ont permis la création d’emplois et la préservation du pouvoir d’achat, par rapport à d’autres pays”, a-t-il soutenu.