Le Matinal: Les petites boutiques craignent pour leur survie Les petites boutiques craignent pour leur survie ================================================================================ La Rédaction on Saturday 16th of June 2012 - 15:26:00 “Nous sommes dans une situation économique difficile mais nous devons pouvoir y faire face pour continuer nos activités. Certaines boutiques ferment leurs portes définitivement”, déplore Santosh Ramnauth, président de la Shop Owners Association. Répondant à la nouvelle loi à Maurice visant à interdire l’étalage des cigarettes dans les commerces, il explique qu’il est injuste de ne pas exposer les cigarettes. “Nous travaillons en toute légalité et toute la population sait déjà que la cigarette se vend partout. Je ne crois pas que cette loi apportera quelque changement dans la vente des cigarettes. Nous sommes conscients de la dégradation sociale mais on ne peut instaurer une loi pour interdire l’exposition des cigarettes quand nous avons déjà le permis de les vendre”, souligne-t-il. Le président de la Shop Owners Association précise que quelques boutiques de l’île ont dû payer des contraventions vu que les boîtes de cigarettes étaient exposées au public. “On agit d’une telle façon pour qu’on cesse nos activités. Nous avons un petit espace pour faire écouler nos produits. L’écart qui existe entre nos produits placés dans nos boutiques et ceux des supermarchés n’est pas le même. Nous avons l’impression qu’on tend à oublier les petites boutiques”, dit-il. En effet, le 8 juin, Cader Sayed-Hossen, ministre de l’Industrie, du commerce et de la protection des consommateurs, a mis en avant un projet de loi au Parlement visant à amender la Consumer Protection (Price and Supplies Control) Act afin de contraindre les commerçants à exposer tous les échantillons de produits disponibles à la vente dans ses rayons, à l’exception des cigarettes. Cette proposition de loi interdirait aux détaillants d’exposer des produits du tabac dans leurs commerces. Cette loi empêcherait non seulement les consommateurs de voir toutes les marques de cigarettes proposées à l’achat mais exigerait également que les détaillants assument des coûts supplémentaires liés à cette réforme. Cependant, dans d’autres pays où cette loi a été adoptée, il a été constaté qu’elle n’a nullement permis de réduire le tabagisme. Il ressort que ce projet de loi a été introduit sans aucune consultation des parties prenantes telles que l’association des boutiquiers ou la Chambre de commerce, qui représentent pourtant les intérêts des commerces. L’adoption de cette loi pourrait avoir des conséquences sur les petites entreprises, véritable poumon de l’économie mauricienne. Une étude menée par LECG, un des leaders du monde de la finance et du conseil en économie, montre que ce type d’interdiction n’a eu aucun effet sur le taux de tabagisme en Islande, premier pays au monde à avoir mis en œuvre une telle interdiction en 2001. Il ressort qu’aucune consultation ou analyse de l’impact de cette loi n’a été menée à Maurice. Les petites entreprises n’ont pas pu faire entendre leur voix sur cette question. Ce processus législatif ‘fast track’ manque de transparence et va à l’encontre de la démocratie et des principes de bonne gouvernance.