Le Matinal: Editorial: Aller au-delà du temps et des hommes Editorial: Aller au-delà du temps et des hommes ================================================================================ Kiran Ramsahaye on Friday 10th of September 2010 - 13:59:00 A cette époque, nous nous battions contre vents et marées – et Dieu sait qu'il n'en manquait pas – afin que ce nouveau journal trouve sa place, légitime d'ailleurs, au sein de l'espace médiatique alors jalousement gardé. Six ans après, nous sommes en mesure de proclamer que Le Matinal a non seulement su s'affirmer, mais qu'il est désormais le quotidien le plus vendu et le plus lu de Maurice. Cela, grâce à votre soutien indéfectible, chers lecteurs. Du plus profond du cœur, nous nous empressons de vous dire un grand merci. Dans un contexte où il n’existe aucun mécanisme crédible pour établir d'une manière précise le tirage d'un journal, on ne peut que demander à nos lecteurs de faire confiance à notre affirmation. Malheureusement, malgré la longue et riche tradition des médias à Maurice, il n'y a pas de mécanisme comme cela existe dans de grandes démocraties comme l'Inde, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, etc., pour certifier les tirages des journaux aussi bien que l'étendue de leur lectorat respectif. Un tel mécanisme servirait aussi comme un vrai baromètre aux annonceurs qui, valeur du jour, n'ont aucun moyen crédible pour déterminer avec certitude les plateformes qui leur seront mieux appropriées pour répartir leurs budgets publicitaires d'une manière plus efficace. Le succès du Matinal, réalisé en si peu de temps, est avant tout celui de ses lecteurs, car nous avons voulu que ce journal, qui se veut être un fidèle miroir de notre société, soit une entité incontournable au sein de chaque famille mauricienne, indistinctement de sa classe socio-économique et de ses sensibilités. C'est pour cette raison d'ailleurs qu'en 2006 nous avions pris la courageuse décision de ramener notre prix de vente de Rs 10 à Rs 5 seulement. Comme nous l'avions mis en exergue dans notre premier numéro, ce journal s'est avant tout investi d'une mission. Celle de contribuer à l'élargissement de l'espace démocratique de la nation mauricienne. Cela ne peut se réaliser que lorsque le journal est rendu accessible à toutes les couches de la population, sans distinction aucune. Avec une augmentation conséquente du coût de la vie des Mauriciens, le budget qu'ils consacrent à l'achat des journaux devient, par la force des circonstances, de moins en moins prioritaire. Dans un tel cas, la lecture des journaux deviendra inéluctablement l'apanage de ceux qui en ont le moyen uniquement. De ce fait, au lieu d'un élargissement de l'espace démocratique, c'est en réalité un rétrécissement qui se produira – le contraire de notre mission principale. De nombreux lecteurs nous avaient exprimé leurs inquiétudes quant à cette décision qui, selon eux, risquerait de mettre, à moyen terme, en péril la viabilité commerciale de notre entreprise. Nous les remercions de leur sollicitude. Ils ont dû se rendre compte que quatre ans après cette courageuse décision, Le Matinal se porte toujours bien et que malgré cette baisse, nous n'avons pas lésiné au niveau du contenu, de la fiabilité des informations et de la pagination. Les lecteurs du Matinal se souviendront que suite à cette décision, le journal avait été accusé d'être financé par des “fonds occultes”, voire des fonds des services de renseignements indiens. Pour la bonne et simple raison que les directeurs d'AAPCA (Mauritius) Ltd, propriétaires du Matinal, avaient décidé de rendre l'information plus accessible à toutes les couches économiques de la population. Cela a pu se faire en raison d'une gestion rationnelle de nos ressources. Faut-il rappeler que, dans un environnement dominé par une situation de monopole, l'apparition du Matinal était en fait le vrai phénomène de presse. Car, les titres qui avaient tenté de concurrencer ce monopole disparaissaient toujours des points de vente, après avoir vainement tenté de séduire les lecteurs, en leur proposant une nouvelle ligne éditoriale. La disparition de ces titres arrangeait ce monopole, et à l'arrivée du Matinal, leurs responsables s'attendaient sûrement au même schéma de disparition. En vain, heureusement. Nous profitons de l'occasion de cet anniversaire pour réitérer à nos lecteurs que leur titre préféré, devenu le journal le plus vendu du pays, grâce au soutien quotidien de tous ceux qui l'achètent chaque matin, que la dignité ne se monnaye pas. C'est pourquoi Le Matinal n'est pas près d'imiter ceux qui préfèrent s'appuyer sur d'autres considérations, plutôt que sur leurs lecteurs, les premiers piliers qui soutiennent les fondations d'un journal, pour abuser gratuitement de la confiance placée en lui. Nous ne nous faisons pas d'illusions. Six ans est une infime période dans la vie d'une publication qui veut aller au-delà du temps et des hommes. Le chantier est immense. Mais nos lecteurs pourront toujours compter sur notre équipe qui sera toujours à leurs côtés.