Le Matinal: Editorial : Copenhague : quel espoir ? Editorial : Copenhague : quel espoir ? ================================================================================ Kiran Ramsahaye on Thursday 10th of December 2009 - 16:36:00 A bien des égards, ce sommet constitue une dernière chance pour sauver la planète. Mais il existe de forts doutes que les représentants des Etats à ce sommet arriveront à s’entendre sur un nouveau traité pour réduire l’émission de gaz à effet de serre. Déjà, à l’ouverture du sommet, un bras de fer s’est engagé entre les pays industrialisés et les pays émergents. Depuis le sommet de Kyoto, en 1997, les Etats-Unis, sous la présidence de George W. Bush, ont systématiquement refusé de signer tout accord limitant l’émission de gaz carbonique sous prétexte que la loi sur le climat n’a pas été adoptée. Malgré ses bonnes intentions, il y a peu de chance que Barack Obama accorde son soutien à cet accord car, pour des raisons obscures, cette fameuse loi n’a toujours pas été votée. Des pays comme la Chine, l’Inde et le Brésil, tous engagés dans le développement industriel depuis ces dernières décennies seulement, n’ont pas tort d’objecter qu’on leur impose une réduction des émissions de CO2 alors que les pays développés qui sont plus responsables de la dégradation de la planète refusent toujours de souscrire à tout accord allant dans ce sens. On ne peut les blâmer lorsqu’ils avancent que les pays développés utilisent le phénomène climatique comme prétexte pour freiner leur développement industriel. Pour la Chine, qui est le plus important émetteur de CO2 du monde, le problème de réchauffement climatique est le cadet de ses préoccupations. Sa priorité est la croissance économique et l’éradication de la pauvreté. Peut-on vraiment blâmer ce pays pour cette prise de position ? L’Inde a également raison d’avancer que la responsabilité historique du changement climatique n’incombe qu’aux pays industrialisés. Elle a décidé d’appliquer ses propres objectifs de réduction des émissions de CO2 mais refuse toute demande contraignante imposée par la communauté internationale. Quant au Brésil, il demeure très critique sur la position américaine. Il estime que les objectifs de réduction des Etats-Unis restent inacceptables. Soyons réalistes. Dans quelle mesure les pays industrialisés accepteront d’adopter des objectifs contraignants de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020 et ce, en grande partie sur leurs propres territoires ? Seront-ils disposés à débloquer le financement nécessaire pour aider les pays en développement à construire un modèle énergétique durable afin qu’ils s’adaptent aux impacts du changement climatique ? C’est un fait que les pays industrialisés disposent de plus importantes ressources financières et technologiques. Ils ont la double obligation de réduire drastiquement leurs émissions de gaz carbonique et d’aider les pays émergents et ceux en voie de développement à réduire les leurs. Il est plus qu’évident que de petits États insulaires - les Small Islands Developing States (Sids) — comme le nôtre sont les plus vulnérables au changement climatique. Des îles telles que les Maldives, Agalega et St Brandon sont déjà condamnées à être englouties par la montée des eaux avant la fin de ce siècle. Des plans d’évacuation sont en cours dans les Caraïbes pour déplacer les habitants dont les îles sont menacées par le flux de l’océan. Les efforts des dirigeants des petits Etats insulaires visant à convaincre les décideurs de la planète des spécificités de leurs problèmes sont demeurés vains depuis 1997. Ils subiront sans doute le même sort à Copenhague…