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Renaud Muselier : “Maurice est mieux que la France”

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 Renaud Muselier ici avec Navin Ramgoolam.

Né le 6 mai 1959 à Marseille, Renaud Muselier est médecin de formation. Ancien secrétaire d’État aux Affaires étrangères au sein du gouvernement Raffarin, cet  homme politique détenteur du titre de chevalier de la Légion d’honneur est un des principaux promoteurs du projet Integrated Resort Scheme Belle Rivière, qui vient d’être inauguré. Membre de l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP), il est actuellement le président de la fédération de ce parti dans les Bouches-du-Rhône. Renaud Muselier est accusé par une certaine presse française d’avoir usé de ses influences pour concrétiser le projet de Belle Rivière Estate à Maurice. Ce qu’il dénie. Dans l’interview accordée au Matinal, il affirme que les investissements à Maurice ont été effectués dans la légalité et conformément aux droits internationaux. Il ajoute que Maurice est un endroit qui est mieux que la France.

Qui sont les promoteurs des 33 villas de Belle Rivière Estate à Bel Ombre ?

Nous, avec François Michel Giocanti, sommes des professionnels de la santé. Nous dirigeons en France un établissement hospitalier privé considéré comme le premier établissement privé français en terme de qualité de soin. Cet établissement a pour spécialité la neurologie, c’est-à-dire que nous traitons les accidents vasculaires, la paraplégie, la fracture du myocarde. Nous sommes tombés amoureux de l’île Maurice et nous avons décidé de venir ici pour investir. Nous avons consacré beaucoup de temps et d’énergie sur ce projet. Aujourd’hui, l’opération est une réussite. Cette opération nous a appris à comprendre le fonctionnement juridique et financier de l’île. Ce projet est tout à fait conforme aux lois et droits internationaux. Cela nous convient parfaitement. À vrai dire, nous sommes des professionnels de santé et non des constructeurs de maisons. Notre vrai savoir-faire, notre vrai métier c’est la santé. Il paraît assez clair que l’évolution en Europe, dans le monde et ici à Maurice se fera autour du bien-être, de la qualité de la vie et de l’amélioration de la qualité des soins. Il y a un réel potentiel à Maurice à développer la thalassothérapie et l’accessibilité aux soins pour prévenir toute pathologie. Cela n’existe pas dans ce pays alors que c’est notre métier. Finalement, grâce à notre expérience, nous nous sommes dit pourquoi ne pas conjuguer nos forces.

Quels ont été vos principaux soucis dans l’aboutissement de ce projet ?

Nous avons connu beaucoup d’obstacles mais il y a toujours eu des solutions. Quand vous êtes à 10 000 kilomètres de chez vous et que vous voulez être accepté dans un autre pays, vous devez bien entendu respecter toutes les lois qui y prévalent. Ici, le schéma des IRS et les spécificités juridiques mauricienne s permettent une bonne visibilité pour les Européens. Nous nous adaptons aux droits locaux qui se rapprochent du Code Napoléon, ce qui est facile pour nous, Français. Puis, nous bâtissons un projet sur un bord de plage à côté d’un hôtel d’une très grande qualité en l’occurrence celui du groupe Accor et, là, les ennuis commencent. Y aura-t-il assez de matériaux, de compétence ? Finalement, tout est rentré dans l’ordre. Par contre, il faut toujours être en mesure de trouver des solutions et fournir beaucoup d’énergie et de travail. Aujourd’hui, les résultats sont là. Ces villas sont d’une très grande qualité pour les acquéreurs et pour le paysage du sud de l’île. Heureusement, il n’y a pas eu de manque de main-d’oeuvre puisqu’en moyenne, 350 personnes par jour travaillent sur le chantier. Nous avons trouvé du personnel, des cadres et des techniciens très compétents. La difficulté est d’avoir un management qui sache faire fonctionner l’équipe. Heureusement que nous avons une grande équipe qui est enthousiaste et dynamique.

La France a perdu la bataille contre les Anglais pour l’occupation de l’île Maurice. Est-ce que Belle Rivière n’est pas une sorte de projet pour se racheter dans le temps ?

Non, c’était une autre époque. Aujourd’hui, la mondialisation fait que tous les peuples sont indépendants et tous les êtres sont libres. Ici à Maurice, nous sommes sur le continent africain au sein d’une démocratie qui fonctionne et qui de plus affiche une stabilité économique et sociale. Je crois que c’est très important compte tenu du contexte international. Nous, Européens, connaissons parfois des turbulences politiques et parfois des tiraillements sociaux, notamment en France. Je viens trouver ici ce ‘bien vivre’ mauricien tout en respectant les individus et les lois. C’est une des raisons qui font que les Français adorent venir à Maurice. Il ne s’agit pas d’une conquête.

Comment est né ce projet ?

C’est un projet de fou. Il est né dans le cerveau de mon associé. J’ai dit à mon associé pourquoi ne pas trouver un endroit où on se sent bien. On est très bien en France, mais il faut savoir qu’on a trouvé un endroit qui est mieux que chez nous. Donc, on a apporté tous les services qui sont de qualité dans un pays merveilleux avec les Mauriciens qui sont très accueillants. On retrouve une douceur de vivre dans cet endroit qui est quand même assez exceptionnelle; on la retrouve dans peu d’endroits du pays. Au départ on voulait construire 40 maisons. C’était trop et finalement nous en avons construit 33. C’est un projet qui a beaucoup évolué au fil du temps. Il y a eu beaucoup d’échanges et de dialogue. On se retrouve avec quelque chose qui est tout à fait équilibré. C’est tout le sens de ce projet.

Est-ce que les villas ont trouvé preneur ?

Sur les 33 villas, 30 ont déjà été vendues. Les clients sont essentiellement français et ont entre 55 à 65 ans. Ce sont de gros bosseurs qui ont travaillé dans de grandes entreprises et qui à un moment donné de leur vie se posent des questions sur leur devenir. Leurs enfants sont grands et ils veulent maintenant profiter de la vie. Ils viennent, généralement se reposer pendant quelques mois.

Est-ce que vous êtes actionnaire du groupe Accor ?

On n’est pas actionnaire du groupe Accor mais simplement partenaire. Lorsque nous avons débuté notre projet nous avons voulu approcher un groupe hôtelier. Étant un ami personnel de Gérard Pélisson, un des fondateurs du groupe Accor, je lui ai demandé s’il voulait nous accompagner sur ce projet. Il a répondu vouloir prendre la partie hôtelière mais à aucun moment je ne m’associe. Moi, je suis tout petit, lui est quand même numéro un mondial. On n’est pas de la même catégorie. Chacun son métier. On a des liaisons partenariales entre les propriétaires, les résidents et la direction de l’hôtel. Mais on n’est pas associé.

Combien d’emplois directs le projet Belle Rivière offre-t-il aux Mauriciens ?

Le dossier n’est pas fini. On a déjà quarante personnes qui travaillent à plein temps sur le site. Plus une centaine qui s’occupent de l’entretien que ce soit des piscines, de la plomberie ou des jardins. Cela fait déjà beaucoup de monde sans compter toutes les retombées économiques sur le village de Bel Ombre. Je veux dire par là, tout ce qu’on achète avec eux. Cela comprend les poissonniers du coin et autres fournisseurs de produits frais. Je pense que globalement aujourd’hui le site n’est pas tout à fait fini. On offre grosso modo 150 à 200 emplois directs avec les retombées économiques dans le sud de l’île que je chiffre, à mon avis, à 2 M d’euros par an.

Quel est le prix de ces villas ?

Au début les villas se sont vendues de 1, 2 à 2 M d’euros. On a une explication pour cela. Le projet a été présenté avec des villas sur plan, au milieu de champs de canne et avec un hôtel qui n’existe pas. Il a fallu quand même que les promoteurs aient confiance dans le site et dans le projet. C’était beaucoup plus risqué pour ceux qui ont acheté il y a quatre ans que pour ceux qui achètent aujourd’hui. Forcément ceux qui achètent aujourd’hui paient plus cher.



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