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Editorial: Productivité et compétitivité - l’incontournable mantra

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Le Grand argentier Pravind Jugnauth.

Le ministre des Finances Pravind Jugnauth s’apprête déjà à enclencher les manoeuvres prébudgétaires pour le premier exercice financier de ce présent mandat. C’est face à la présente crise de l’euro, qui elle-même fait suite à la crise économique mondiale de 2008-09, qu’il sera appelé à présenter un budget qui, outre des mesures pour redynamiser l’économie, doit principalement être axé sur la protection des emplois existants et la mise en place de mesures qui permettraient la création de nouvelles perspectives pour endiguer le chômage. Dans le contexte économique actuel, une telle approche serait non seulement logique mais responsable.

Cependant, pour qu’une telle démarche porte ses fruits, il est impérieux qu’elle comporte des mesures visant à assurer une meilleure productivité au pays et lui permettre d’augmenter davantage sa compétitivité sur un marché international où la concurrence risque de nous ramener à la case départ une fois que l’économie européenne se stabilise. Le Grand argentier sait mieux que quiconque qu’on ne peut espérer préparer le pays à faire face à l’après-crise si on ne met pas des structures en place dès maintenant pour conscientiser la population sur l’impératif d’une productivité et d’une compétitivité nettement supérieures. Dans cette optique, la décision de renforcer le principe de “performance-based budget” est une bonne initiative mais toujours est-il qu’il subsiste encore des doutes par rapport à sa mise en oeuvre en des termes réels.

On ne cessera pas de dire que si le gouvernement veut s’assurer d’une compétitivité sur laquelle dépendra la survie économique du pays dans un monde caractérisé par des changements fondamentaux sur tous les plans dans le sillage de la relance, il est impérieux qu’il mette en place un plan d’action pour rehausser considérablement la productivité dans tous les secteurs d’activités.

Comment peut-on espérer sortir d’un état économique fragilisé par la crise mondiale tout en privilégiant sept heures de travail par jour et une semaine de cinq jours alors que les compétiteurs directs en fournissent presque le double ? Doit-on rappeler que le Japon, qui était complètement mis à genou après la Seconde Guerre mondiale, a pu se transformer, ne fût-ce qu’en quelques décennies, en une puissance économique mondiale, posant par moments comme une menace pour certains secteurs clés de l’économie américaine ? Une des raisons de son succès est justement le changement radical de mentalité et d’attitude de la masse de ses employés vis-à-vis de leur travail.

De la même manière le Vietnam, pratiquement décimé par la guerre, se range aujourd’hui en compétiteur féroce de l’industrie textile mauricienne. Le secret de tels succès n’est autre qu’une productivité qui vise non seulement à battre la compétition mais constitue aussi une norme incontournable où aucune déviation n’est permise, qu’importe les circonstances.

Pourtant, fondamentalement, les Mauriciens sont aussi bosseurs. Ils ont fait leurs preuves durant les années difficiles tout en travaillant d’arrache-pied au sein des usines de la zone franche. Ce sont les gros efforts de productivité fournis dans les années 70 et 80 par les employés de ce secteur qui ont permis au pays de sortir du gouffre économique qui avait suivi le boom sucrier.

Les Mauriciens ont du potentiel et sont animés de volonté pour réussir. Cependant, il faut qu’ils soient conscientisés sur la nécessité de sortir de leurs zones de confort, de redéfinir leurs objectifs, d’établir de nouveaux “benchmarks” de progrès et de fournir des efforts additionnels.

C’est pour cette raison qu’il est plus que nécessaire que l’Etat mette en place des logistiques appropriées, que ce soit au niveau de l’environnement du travail, du transport public et de la sécurité sur le plan national afin que les activités normales, au lieu de s’arrêter à 17 heures, continuent au moins jusqu’à 23 heures.

Aussi, il est important que le ministre des Finances introduise des mesures incitatives dans son budget afin d’encourager ce changement de mentalité, si important pour l’avenir du pays.



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