Editorial: Chassez le naturel…
On dit souvent que généralement la fonction fait l’homme. Qu’importe les caractéristiques peu honorables des gens, une fois qu’ils accèdent à des fonctions de hautes responsabilités, surtout celles de l’Etat, ils arrivent à se défaire de leurs gros défauts pour prendre de la hauteur. Ainsi, la fonction devrait transformer l’homme. Généralement. Malheureusement, il existe des exceptions et le leader de l’opposition Paul Bérenger en est une.
En dépit qu’il ait eu la possibilité d’occuper la plus haute fonction de l’Etat, celui de Premier ministre, Paul Bérenger n’a pu domestiquer “son sale caractère” et sa manie pathologique de proférer de basses insultes et des injures des plus blessantes contre ses amis d’hier. Il a encore récidivé mercredi sur les ondes de Radio Plus.Sollicitant ses réactions par rapport au fait qu’il n’a pas été invité à un dîner offert en l’honneur de l’ancien président du Mozambique Joaquim Chissano, à la State House, alors que le leader du MSM était un des convives, voici ce que Paul Bérenger a, entre autres, dit au journaliste de cette chaîne privée qui l’interrogeait : “Sirtout si ou pé dire moi qui ça p’tit crétin là ti labas”.
Il y a à peine quelques années, “ça p’tit crétin là” était nommé vice-Premier ministre et ministre des Finances par le Premier ministre Paul Bérenger. A cette époque, il prenait “ça p’tit crétin là” par les épaules et le présentait à l’électorat rural comme son “petit frère” et comme le “meilleur ministre des Finances que le pays a connu”.
Il faut qu’on soit bien inférieur aux crétins pour faire élire un p’tit crétin député de l’Assemblée nationale. Laissons le soin aux électeurs de la circonscription No.8 d’en tirer les conclusions.
Proférer des insultes et des injures contre ses adversaires ou tous ceux qui refusent de se soumettre à ses caprices semble être le seul constant de cet individu depuis qu’il s’est livré à la politique. Ce n’est guère nécessaire de revenir sur ses invectives telles que “crânes fêlés”, contre des journalistes lorsqu’il occupait les fonctions de ministre des Finances en 1982.
Mais il est pertinent de rappeler ses attaques contre le Speaker de l’Assemblée nationale, Kailash Purryag, en décembre 2008, le qualifiant de caniche de Navin Ramgoolam. “Pas chatte, Purryag li ene toutou”, avait-il lapidairement lancé contre le Speaker. C’est l’ultime injure qu’un individu peut proférer à autrui. Sauf dans ce cas précis l’autrui n’est autre que le garant de la plus importante institution démocratique du pays et cette insulte a été lancée non pas uniquement à sa personne mais aux fonctions qu’il occupe. Pourtant, lors de l’élection en juillet 2005 de Kailash Purryag, légiste de formation, ce même Paul Bérenger avait déclaré que l’Assemblée nationale avait élu un “Speaker made in Heaven”. Comme quoi il n’y a qu’un pas entre un “Speaker made in Heaven” et un “toutou” made in hell…
Comment oublier les remarques humiliantes de l’érudit Paul Bérenger contre son ancien ministre des Infrastructures publiques Anil Bachoo, qu’il qualifiait d’”intellectuellement limité”, pour justifier la raison pour laquelle le volumineux dossier du métro-léger lui avait été repris par le bureau du Premier ministre quelques mois avant les élections générales de juillet 2005.
Faisons l’impasse sur la chevelure “laké satte” du vice-Premier ministre et ministre des Finances Rama Sithanen ou de la députée Nita Deerpalsing qui “bizin rode ene mari pou li”. La liste risque d’être interminable.
Ceux qui croyaient que les insultes les plus viles qui blessaient l’homme au tréfonds même de sa dignité humaine et de son âme avaient disparu à jamais depuis l’indépendance, se sont tristement trompés. Ils peuvent cependant se consoler du fait : aujourd’hui ces insultes ne sont plus accompagnées de fouet…
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